Wednesday, May 28, 2008

Retour à La Paz

Dimanche 17 mars
Nuit bruyante et agitée, nous ne sommes pas super reposés ! Nous nous promenons sur le Prado. C’est dimanche, l’avenue est très animée. Il y a une fanfare et, un peu plus loin, des jeunes ont posé un poste par terre et se mesurent en « smurf dance », comme à Paris ou à New York. Nous passons au club andin, calle Mexico pour prendre des renseignements sur la piste de ski la plus haute du monde, à Chacaltaya. Pas de chance, c’est fermé. Après un hamburger et un jus de fruit frais, nous marchons jusqu’au parc d’attraction. L’ambiance y est très sympa, c’est le rendez-vous des… au fait comment appelle-t-on les habitants de La Paz ? mystère… Flonflons, manèges rustiques nous renvoient aux fêtes foraines de notre enfance. Barbe à papa, crème chantilly, saucisses complètent le tableau. Le zoo est fermé mais il a l’air un peu vieillot lui aussi. On aperçoit de loin un condor qui semble proche de la retraite… La principale attraction c’est un gigantesque toboggan où l’on glisse sur des sacs de patates. Voir des cholitas en robes colorées, jupons et chapeau sur la tête dévalant la pente en riant aux éclats vaut le déplacement ! Malheureusement je n’ai plus de pellicule sur moi. Nous rentrons manger à l’hôtel et discutons un peu avec Pierre-Henri et Hélène avant d’aller nous coucher. Demain, s’il fait beau, nous allons à Chacaltaya.

Lundi 18 mars

Hélène vient nous réveiller à 7h25… Branle-bas de combat, on s’habille et on fait nos sacs en vitesse. Après un petit déjeuner vite avalé au comedor popular, seul lieu où l’on peut manger à cette heure. Il me faut une pellicule, les magasins son bien sûrs fermés, le club andin n’ouvre qu’à 9h… Un taxi nous aborde et nous propose un prix pour la balade, on discute un peu et on se met d’accord… OK, on y va… Je trouve une pellicule chez un vendeur à la sauvette (un peu chère…), on va démarrer, mais un autre touriste arrive et demande à embarquer… rediscussion… cette fois on part pour de bon. Le temps est superbe. Le taxi monte d’abord à El Alto, le quartier près de l’aéroport. La vue sur la ville en contrebas et sur le pic Illimani au dessus vaut déjà le déplacement. La piste serpente jusqu’à l’altiplano, paysage classique de lamas, de lacs et de sommets enneigés dont l’Huyana Potosi. Nous attaquons maintenant la pente sur une piste étroite, toute en lacets. Nous croisons des petits lacs de montagne, chacun d’une couleur différente (émeraude, turquoise, bleu profond…). Le taxi monte doucement, à cette altitude les moteurs souffrent… Autour de 5000m, c’est la neige. La voiture nous dépose au refuge du Club Andin Bolivien (CAB) à 5270m. Un gardien nous accueille et nous demande un droit d’entrée. On râle un peu et on négocie un prix de groupe… Il nous explique qu’ils doivent entretenir la piste et le refuge… ok, ok… Nous montons à pieds dans la neige, le souffle court. La vue est ici extraordinaire est s’étend jusqu’au Chili et la cordillère occidentale d’un côté, sur les sommets de la cordillère orientale et sur une mère de nuages au dessus du Alto Beni et de l’Amazonie de l’autre. Et au nord s’étend en dessous de nous le lac Titicaca. Nous longeons la piste de ski, munie d’un simple fil neige, mais d’une belle pente soutenue qui doit faire frissonner les débutants… Elle est fermée, ne fonctionne que le week-end. On est 5 à monter encore jusqu’au sommet de la piste. Véro commence à sentir les effets de l’altitude et, épuisée ne veut plus continuer. On continue à trois, avec un couple de vieux Allemands qui nous a rejoint, très sympas. Nous visons le sommet qui surplombe la piste. Nous sommes sur un glacier, il y a quelques crevasses autour de nous. Ça devient dur, on souffre et on souffle, mais ça vaut le coup, là haut, la vue est encore plus belle. On doit être aux alentours de 5600m d’altitude. Je redescends moitié en ramasse moitié en courant. Deux Boliviens font du ski (ils ont dû monter à pieds les skis sur le dos… courageux !). Ils ne sont pas très bons skieurs et descendent plus lentement que moi… J’arrive au refuge, je ferais bien une descente mais il n’y a pas de chaussures à ma taille (les Boliviens sont plutôt petits…). On discute avec un Brésilien super sympa qui nous invite chez lui à Sao Paulo. Le temps se couvre, il fait très froid dehors, il est temps de reprendre notre taxi. Après une longue descente avec épingles à cheveux, il nous dépose à notre hôtel. Il est seulement 14h00, la fringale nous prend, on va manger des sandwiches en ville. Retour à l’hôtel, coups de soleil et mal à la tête, sieste impérative. Le soir on est requinqués, un petit tour au restaurant (je mange des rognons délicieux) et puis cinéma. Nous voulons aller voir « Bajo Fuego » (titre original « Underfire »). Cela parle de journalistes au Nicaragua dont l’un se fait assassiner par l’armée juste avant la prise de pouvoir par les rebelles sandinistes. Mais nous tombons sur des portes fermées… Les cinémas aussi sont en grève ! Bon, on se contente d’une balade digestive sur le Prado, avec un jus d’orange accompagné de chocolats…

Mardi 19 mars
Grasse matinée jusqu’à 10h ! Au petit déjeuner les discussions vont bon train. On nous annonce une manifestation monstre cet après-midi. Ça risque de chauffer… Pierre-Henri et Hélène en ont marre d’attendre… il veulent retourner au Pérou. On discute un moment dans le patio de l’hôtel, confortablement installés, au soleil. On leur confie des lettres pour nos parents, d’ici aucune nouvelle ne part plus à cause de la grève. Nous mangeons en compagnie des mineurs qui sont nourris à tour de rôle par les différentes échoppes du Comedor popular. Les rues sont progressivement occupées et bloquées par les mineurs, mais dans le calme. Il n’y a plus aucune circulation ce qui donne un climat étrangement silencieux (veille d’insurrection ?). Notre visa bolivien va expirer, nous allons à l’immigration qui est aussi fermée… mais qui ouvre demain matin. Nous passons l’après-midi à flâner dans les marchés artisanaux qui, eux, restent toujours animés. Je m’attarde auprès des marchands de disques et de cassettes qui ont de véritables perles… Après un repas copieux dans un restaurant près de l’hôtel on se promène dans les rues commerçantes. On cherche du chocolat… introuvable aujourd’hui. Tant pis, quizas maňana…

Mercredi 20 mars
Nous commençons la journée par l’immigration. Bonne nouvelle, on n’attend presque pas et c’est une simple formalité… nous pouvons rester en Bolivie jusqu’au 27 avril. Aujourd’hui c’est jour de shopping. Nous allons dans un marché artisanal, le Mercado San Francisco. Nous achetons des petits masques peints, répliques de ceux du carnaval d’Oruro, les Diabladas. Nous entrons les envelopper à l’hôtel (ils sont en terre cuite, plutôt fragiles…). J’en profite pour appeler Emma Junaro, la chanteuse rencontrée dans l’avion. Elle nous invite pour le thé à 17h… En attendant, l’après-midi nous continuons nos achats. Nous cherchons une « bolsa » sac tissé et coloré, mais nous ne trouvons rien à notre goût. Nous voyons un poncho magnifique en pur alpaga mais le prix est trop élevé. Nous marchandons un peu… c’est toujours trop chers, nous partons, nous repasserons, pour voir… Nous prenons le bus jusqu’aux quartiers bas de La Paz. Emma habite dans un grand bâtiment moderne tout en verre fumé. L’appartement est au 3e étage, très vaste et lumineux, on se croirait d’un seul coup transplanté en Europe… On boit le thé avec des petits gâteaux. Il y a deux jeunes de sa famille, sa mère (et son chien) et son mari, Alain qui est français. Il nous file pleins de tuyaux sur les coins sympas à voir dans le sud de la Bolivie. Lui va partir deux mois chercher de l’or en Amazonie. Nous passons deux heures très agréables. Nous rentrons dans notre quartier populaire. A l’hôtel, nous rencontrons un Français et un Colombien qui font des gâteaux (l’hôtel leur prête la cuisine…). Ils sont excellents, il les vendent pour se faire un peu d’argent pour continuer de voyager. Ce soir il fait bien froid… on se pelotonne sous les couvertures…

Jeudi 21 mars

Lever tardif et nous repartons à l’assaut des marchés artisanaux. Nous avons décidé de nous faire plaisir, nous enverrons un colis (quand la poste ne sera plus en grève), par bateau (de Bolivie qui n’a pas d’accès à la mer…) en France. Malgré la poursuite de la grève, la circulation est revenue en ville, les boutiques sont ouvertes, les marchés sont pleins de monde. Nous visitons plusieurs marchés dont celui de Tamayo, le plus grand, un vrai labyrinthe… Nous achetons du chocolat, des chaussures de « tennis », mais aussi 2 pulls, 2 ponchos, un sac (bolsa) en laine de lama ou d’alpaga. Le soir nous dînons dans une parrillada de la viande grillée à l’argentine.

Vendredi 22 mars
Aujourd’hui, journée farniente. Nous avons du mal à trouver du pain, un médecin nous change des dollars qui vont lui permettre d’acheter du matériel médical. Nous visitons le grand marché indien. L’après-midi se passe à lire et jouer aux dés. Je téléphone à Emma qui me donne l’adresse du marché noir, appelé aussi « marché des voleurs ». Elle nous propose de venir enregistrer des cassettes de musique sympas chez elle lundi. Nous sortons sous une pluie battante qui transforme les rues pavées en patinoires ou en piscines boueuses… Nous achetons deux jolies statuettes copies d’art pré-inca. Nous rencontrons au restaurant du soir deux argentins qui nous donnent pleins de tuyaux sur leur pays. Petit chocolat avant de dormir.

Samedi 23 mars
Après une courte nuit, nous avons droit à un réveil en fanfare par nos voisins de chambre… Nous partons à la recherche du marché aux voleurs. Le grand marché de La Paz est immense. Après avoir demandé à plein de gens, on finit par le dénicher tout en haut au dessus de la place Gallita de Lima. Produits de contrebande, volés, no lo se… On trouve un walkman avec radio et hauts-parleurs très bon marché. Quelques cassettes de musique locale et deux vierges pour nos soirées d’hôtel… On trouve aussi des voleurs (normal !) ou plutôt ce sont eux qui nous trouvent… coup de rasoir dans le sac de Véro, mais rien n’a disparu… Nous redescendons dans des lieux plus sûrs, je passe chez un photographe pour acheter des pellicules diapos, au marché il n’y a que des « papier ». Le photographe accepte de me reprendre des « papier » contre des diapos…c’est plus avantageux que de les lui acheter directement… quel trafic ! La femme de ménage de l’hôtel nous propose gentiment de recoudre le sac en pestant contre ses compatriotes et déplorant que des « campesinos » se conduisent de la sorte. Après le repas, l’idée a germé de faire un peu de troc… je repars au « mercado negro » acheter une dizaine de pellicules papier que je compte revendre à d’autres touristes ou échanger au pire contre des « diapos » avec bénéfice… je rentre sous l’orage et des trombes d’eau. On achète des truffes à nos amis sans le sou…je pose une annonce à l’hôtel pour vendre mes films. On part se balader sur le Prado et j’essaie de fourguer des pellicules sans succès… je ne suis pas le roi du marché noir ! On rentre, on se pose un moment devant des clips à la télé, j’échange un bouquin anglais trouvé dans notre chambre contre « l’éducation sentimentale » à deux Suisses. Nous allons discuter avec eux et deux espagnols dans leur chambre… Le mate circule, la cocaïne aussi… nous déclinons gentiment l’invitation… Nous retournons à nos pénates. A la télé ils disent que la grève est terminée, nous allons pouvoir reprendre notre périple. Au lit j’écoute avec plaisir de la musique sur notre walkman en lisant Flaubert.

Dimanche 24 mars
Déjà 2 mois de voyage… nous nous offrons une grasse matinée. Nous sortons vers midi. La grève est terminée, les mineurs s’en vont par camions entiers. Ils portent encore leurs casques sur la tête. Le dollar monte, ce qui arrange plutôt nos affaires, mais sans doute pas celles du pays. Nous retournons au parc d’attractions. Les jeunes smurfeurs sont toujours là. Nous visitons le zoo plutôt minable et délabré, les animaux sont souvent confinés dans des cages petites et sales… nous voyons quand même un magnifique jaguar, des pumas, des condors. Cette fois je prends des photos des cholitas dévalant le toboggan. Un pot de crème chantilly comme dessert après nos sandwichs et nous remontons à l’hôtel. Une partie de yams plus tard nous ressortons, vers 17h00. J’essaie de vendre des pellicules… sans succès. Le commerce, c’est vraiment pas mon truc ! Achat de miel de bonbons et de chocolat et dîner sur le marché. Puis nous allons voir « Bajo Fuego » au cinéma qui a rouvert ses portes. Très bon film, mais en sortant, nous voyons pleins de militaires dans des rues plutôt désertes, et nous avons la désagréable impression de vivre le film qui se passe dans les mêmes rues avec les mêmes militaires sous la dictature au Nicaragua. Nous regagnons vite l’hôtel en frissonnant, d’autant que la pluie s’y met et nous trempe…

Lundi 25 mars
La poste a ouvert, nous allons pouvoir envoyer des nouvelles à la famille. Nous passons à la gare nous renseigner. Pas de train pour Oruro avant demain. On ne peut pas prendre les billets aujourd’hui, il faut les acheter le jour du départ. Je passe ma matinée à faire le tour des échoppes de photographes pour échanger mes pellicules « papier » achetées au marché noir contre des diapos. J’en trouve deux qui acceptent 5 contre 2 puis 4 contre 2, je fais encore une bonne affaire au prix où sont les diapos… Je suis à nouveau fourni pour quelques semaines… L’après-midi nous nous pointons chez Emma, comme prévu pour enregistrer des cassettes. Personne !... Elle a dû oublier… nous repartons un peu déçus, nous partons demain, tant pis… Nous remontons tranquillement en ville, on commence à bien connaître La Paz, il est temps de partir. Nous cherchons un adaptateur pour brancher le baladeur sur une prise de courant. Aucun ne fait 4,5 volts, « maňana ! ». Nous finissons la soirée par un yams à l’hôtel et une discussion avec deux routardes, Française et Belge qui nous proposent de faire passer du courrier quand elles rentrent.

Mardi 26 mars
Je repasse à la gare, je fais la queue une heure devant le guichet. Pas de train aujourd’hui ! « Quizas maňana… ». Bon, je reste zen, c’est la Bolivie, si on est pressé c’est pas le pays où il faut aller… On trouve le bon adaptateur au marché, mais il a une prise plate comme au USA… il faut maintenant trouver un adaptateur pour l’adaptateur… on en trouve un, des piles alcalines, des cassettes… on va pouvoir écouter un peu de musique… Nous retrouvons les deux filles de hier qui nous prennent nos lettres mais qui ont un problème… elles ont oublié qu’il fallait payer une taxe d’aéroport, 15 dollars… Il leur reste des marks allemands mais personne n’en veut… Bon, nous on arrivera bien à les échanger dans un des pays que nous devons traverser… on leur file les dollars nécessaires à leur départ, nous échangeons nos adresses et leur souhaitons un bon retour… Revenus à notre chambre, nous avons la bonne surprise de constater que l’adaptateur marche… Musique !

Mercredi 27 mars
Bon, aujourd’hui nous partons, coûte que coûte ! Je repars une troisième fois à la gare, j’arrive juste alors que le guichet pour Oruro se ferme… J’arrive à arracher une réponse à l’employé… Pas de train aujourd’hui ! « et demain ? »… « no se »… Je vais voir le chef de station, même lui ne sait pas… Il m’indique « la flota »… les bus dont le terminal pour Oruro est à deux pâtés de maisons de la gare. Bueno, ben, y’a plus qu’à y aller… L’accueil y est nettement plus chaleureux, je trouve deux places pour 17h. Je redescends trouver Véro pour une dernière balade en ville. Au marché artisanal je craque pour des petits musiciens cholos en céramique peinte. Nous rentrons faire nos (gros) sacs. Nous retrouvons Hippolyte, le Français en galère, qui attend un mandat depuis un mois. On lui achète des gâteaux aux amandes… super bons… On part à pieds jusqu’au terminal de bus… Il fait chaud, les sacs sont lourds, la côte est dure à monter. Ouf, on arrive au terminal, nous pouvons confier nos bagages, et nous asseoir sur un banc en attendant le départ du bus. Une dame québécoise nous aborde en français. Elle travaille comme infirmière dans un collège de sœurs d’Oruro. Elle propose de nous héberger dans l’école. Le car démarre. Nous voyons une dernière fois La Paz entourée de ses sommets enneigés. Le ciel est dégagé, nous profitons encore de cette splendide vue, beau final. Nous descendons vers le sud, nous roulons sur l’altiplano, sans perdre d’altitude, c’est plat. Les montagnes défilent autour de nous, on en prend plein les yeux jusqu’au coucher de soleil final. Nous sommes toujours sous les tropiques, la nuit arrive tôt. Nous arrivons à Oruro à 20h. Notre infirmière nous amène à son école. Nous sommes très bien accueillis par les sœurs. Elles nous invitent à dîner. Repas simple et familial, omelette, épinards, gélatine en dessert. Nous discutons un moment avec notre hôte qui nous propose de nous amener dans le campo en suivant la tournée d’un médecin et elle jusqu’à la frontière chilienne en passant par les « salars », déserts de sel et lacs saumâtres où l’on trouve des colonies de flamands roses. Ça nous paraît un super plan ! On nous donne une super chambre avec douche… Nous nous endormons en musique, dans le confort et le calme…

Jeudi 28 mars
Réveil en douceur à 7h30. Il fait beau. Après une bonne douche chaude, notre infirmière vient nous chercher pour le petit déjeuner que nous prenons dans son local. Elle nous paraît moins accueillante… peut-être qu’elle s’est un peu emballée hier et que ses supérieurs l’ont un peu briefé… bref, la virée dans le campo n’est plus possible, pour les flamands roses, on verra, elle nous propose d’aller visiter la ville et de chercher un hôtel…, manière diplomatique de nous mettre gentiment dehors. Ok, nous partons à la découverte d’Oruro. Ville minière, carrefour routier et ferroviaire, la cité n’est pas très belle. Elle est surtout célèbre pour son grand carnaval (nous arrivons un mois trop tard…), réunissant toutes les populations des alentours. L’attraction principale en est la danse des « Diabladas », personnages très colorés, aux masques grimaçants et cornus, réunissant dieux anciens et anges déchus… Les hôtels que nous visitons sont tous chers ou sans aucun confort. Notre « hôtesse » nous lâche car elle a une réunion. Nous finissons par trouver un alojamiento un peu moins cher que les autres et avec douches. On ne va pas s’éterniser, si les flamands roses « tombent à l’eau » (…), nous partons demain pour Potosi. Nous allons nous renseigner au terminal de bus. Il y en a un qui part ce soir même, il y a de la place. Nous retournons à l’école, l’infirmière est en grande discussion avec un Médecin et son assistant. Après avoir déjeuné dans notre chambre nous rencontrons les sœurs que nous avions vues hier. Elles nous disent qu’elles nous ont attendus au petit déjeuner !... Apparemment, elles ne veulent pas du tout nous mettre dehors… On ne comprend pas très bien la situation… On comprend un peu mieux au retour de notre infirmière ; elle nous explique qu’un groupe d’Allemands, financeurs de son projet d’école d’infirmière arrivent demain. Le camion sera plein, et il n’y a plus de place pour le lac et les flamands roses… « peut-être dimanche… ». Nous déclinons l’invitation, nous n’avons plus envie de traîner dans cette ville, un peu déçus et frustrés. « paroles, paroles… ». Elle nous offre le thé à cinq heures, nous remercions et saluons les sœurs avant de partir prendre le bus à 18h30. Départ à 19h, la nuit tombe. Nous avons tout de même le temps d’apercevoir le lac Uru Uru. Nous le longeons un moment. Un croissant de lune y mêle ses reflets. Une piste plutôt mauvaise remplace la route goudronnée. Le bus s’arrête ; crevaison… Le ciel est rempli d’étoiles. A cette altitude et loin de toute ville, la voûte céleste est d’une grande clarté. Un train passe au loin en sifflant. Nous repartons et nous endormons sous les cahots…

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