Coroïco
Jeudi 7 mars
Debout aux aurores ! (6h30). Nous finissons de préparer nos sacs (allégés on peut laisser une partie de nos bagages à l’hôtel). Petit déjeuner au marché, on achète des petits pains pour la route. A 8h15 on est à l’agence de flota Yungueňa. A 8h45 on charge nos sacs sur le toit et on embarque dans le minibus. A 9h00 on part. le bus est bondé comme d’habitude. Nous remontons La Paz, jusqu’au quartiers les plus pauvres sur l’altiplano. La route continue à escalader les Andes. Nous croisons et doublons sans arrêts des camions chargés de marchandises, fruits et légumes qui remontent des Yungas contre matériaux et électroménager descendant de la capitale… Les camions ont des bennes ouvertes, et par-dessus les marchandises, ce sont des passagers qui s’entassent formant un flot coloré serpentant sur la route. Nous croisons quelques lamas, passons près d’un barrage. L’altitude se fait sentir, la neige semble toute proche, nous arrivons au col, 4650m d’altitude. La route est toujours asphaltée. Le bus commence à descendre dans une gorge pas trop impressionnante pour le moment. Mais ça ne dure pas. La route (en construction) fait place à une piste de plus en plus étroite qui suit de près un torrent. Nous traversons quelques hameaux, puis la descente se durcit, la voie se rétrécit jusqu’à parfois la largeur du bus à peine… Le précipice devient hallucinant et ce ne sont pas les croix et les fleurs posées régulièrement sur le bord du chemin qui nous rassurent ! Il doit y avoir pas mal de véhicules qui ont finit dans le torrent quelques centaines de mètres plus bas ! Je comprends mieux les images pieuses et les extraits de prières accrochés ou peints directement sur la carrosserie… ¡ santa virgen, madre de dios ! Faites nous rester sur le droit chemin ! On doit friser les 1000m de vide, le torrent paraît minuscule tout en bas. Le paysage est somptueux. La prairie andine a fait place à une forêt de plus en plus dense et luxuriante. Nous passons à côté et même sous des cascades qui arrosent le bus. Je pense aux passagers des camions, ça doit leur faire bizarre ! Nous avançons très lentement, dès que le passage s’élargit nous doublons ou croisons toujours autant de camions. Quand la voie est libre le bus accélère (trop). Puis le bus s’arrête derrière une file de camions. Pleins de gens sont à pieds sur la route, ça s’agite beaucoup. Nous descendons et allons voir : un camions remplis d’oranges est partis dans le fossé (côté paroi…) en voulant croiser un autre camion. Tout le monde s’y met, un autre camion le tracte, et avec pleins de cordes ils arrivent à le redresser et le remettre sur la piste. Nous pouvons repartir. Nous arrivons à un croisement. Quelques maisons… A gauche la route continue vers l’Amazonie, l’Oriente comme il l’appelle ici. A droite, elle remonte vers un village accroché à flan de montagne, notre destination, Coroïco. Le chauffeur arrête le bus, coupe le contact et part déjeuner dans une gargote. Nous sommes à 7kms de Coroïco seulement ! Une heure plus tard, nous repartons et parcourons la montée en quelques minutes, arrivée à 13h30. Nous descendons (façon de parler) à l’hôtel Kori. A l’agence de bus une dame nous a remis une lettre pour le patron, son mari… la pension est proprette, sympa, avec une vue superbe sur les montagnes et la forêt tropicale. Nous sommes à 1700m d’altitude, il fait chaud au soleil. Le voyage nous a bien fatigués et nous faisons une sieste jusqu’à 16h30. Après ce temps de repos nous partons visiter le village, ce qui est vite fait, du charme mais sans plus. Nous découvrons que l’hôtel a une piscine, mais en cours de remplissage, il va falloir attendre demain pour se baigner. Nous prenons notre dîner à l’hôtel (cher et pas très copieux mais très bon…) puis nous repartons en balade dans le village. A la fenêtre de la mairie il y a une télé allumée qui profite à qui veut… les gens du village viennent la regarder et discutent sur la place. Il fait encore bien chaud le soir par rapport au froid de La Paz. Nous rentrons à l’hôtel, nous profitons encore un moment de la tiédeur de l’air, puis il se met à pleuvoir. Nous nous couchons et la nuit s’avère comme même fraîche…
Vendredi 8 mars
Après une bonne nuit et un réveil à 9h00, nous trouvons un petit déjeuner sympa dans un café tenu par une Allemande qui s’est installée ici. Du chocolat, des petits pains, du beurre, du miel… un délice ! Nous entamons la discussion (en espagnol) et elle nous indique des jolies balades aux alentours de Coroïco. En fin de matinée, nous partons nous promener. Le chemin longe des plantations de café, puis est bordé de bananiers, d’avocatiers, d’orangers, de citronniers… Les arbres et la luxuriance des plantes nous mettent dans une ambiance tropicale, la première fois de notre périple. Orchidées et papillons multicolores et virevoltants sont aussi de la partie. Nous longeons des champs de coca, en terrasse, petits arbustes sur de la terre dure comme du ciment. Nous en cueillons quelques feuilles. Ici la culture est libre tout le monde en mâche, la feuille a des vertus anesthésiantes, coupe-faim et aide à combattre le mal des montagnes. Plus bas, en Amazonie se trouvent des laboratoires clandestins qui extraient la cocaïne de cette plante médicinale. Un petit sentier grimpe jusqu’à une chapelle. Nous montons dans la moiteur, il commence à faire bien chaud. Des vautours planent au dessus de nous. Nous redescendons au village et passons au marché acheter des tomates, bananes, du pain une boîte de thon pour faire notre pique-nique que nous prenons à notre hôtel. Après-midi farniente, au bord de la piscine qui se remplit peu à peu. Nous nous baignons dans une eau fraîche mais agréable. Le temps se gâte, il pleuviote de temps en temps. Dans le jardin, nous découvrons une tortue et des colibris qui viennent butiner le nectar des fleurs. Nous terminons la journée par un peu de lessive, un repas à l’hôtel puis une séance de cinéma, assis sur des bancs en bois dans une salle municipale. Il y a du monde, les gens sont très interactifs, s’exclament, rient, applaudissent, font des commentaires en s’interpellant…Le film c’est… la guerre du feu. Pas de problèmes de langue, mais par contre la pellicule a dû voyager plus que nous encore… et les scènes de sexe ont disparu…
Samedi 9 mars
Aujourd’hui, après notre petit déj made in Deutschland, et quelques courses pour le pique-nique, nous partons randonner. Notre but : une belle cascade dans la forêt. Après une première petite erreur de parcours, nous montons à travers le village puis continuons sur la montagne jusqu’à une église. On se renseigne auprès d’un jeune berger. Un sentier part à gauche, à peine visible. Nous suivons un canal à flanc de montagne. Ce canal amène l’eau potable de la cascade jusqu’à Coroïco, il n’y a plus qu’à le suivre. Le sentier en balcon offre de beaux points de vue sur les montagnes en face, couvertes pour la plupart de forêt. Lorsque le sentier traverse un ruisseau, on s’enfonce dans de véritables jungles en miniature. Fougères arborescentes, lianes, orchidées, végétation épiphyte exubérante… le sentier se perd dans les hautes herbes. Pas beaucoup de randonneurs dans le coin ! Nous traversons avec prudence, Véronique a peur des araignées et autres serpents qui pourraient peupler cet univers. Après cette épreuve, digne d’Indiana Jones, nous retrouvons des plantations de coca. Après 2h10 de marche nous arrivons à la cascade, petit paradis perdu dans une autre mini selva… L’accès est un peu glissant, mais nous arrivons à nous rafraîchir dans le ruisseau. nous prenons notre repas sous les embruns. Nous sommes absolument seuls dans notre bout de forêt et nous profitons de ce moment de grâce… Mais le temps commence à se gâter, le ciel se couvrent de nuages menaçants… nous repartons… un peu plus loin sur le chemin de retour nous prenons un autre sentier qui descend à travers les plantations (coca, bananes puis potagers…). Il nous amène à un hameau. Il pleut, très fort par moment. Nous traversons ce pueblito et nous prenons la piste pour rentrer. Nous croisons et dépassons quelques cholos à pieds et voyons quelques camions et 4X4. Un petit estanco au bord de la route nous offre un abri. Nous prenons un fanta, les gens sont très gentils. Je sauve un papillon de la noyade dans une flaque d’eau. A 17h00 nous arrivons à l’hôtel, nos capes trempées et les pieds crottés. Le temps s’est levé, il fait beau à nouveau. Nous profitons des derniers rayons de soleil à la piscine qui est presque pleine. Ce soir on a de la compagnie, deux Américains, une Allemande et un Italien se joignent à nous pour le dîner. Nous échangeons sur nos voyages et sur nos lieux de vie respectifs dans un mélange d’anglais et d’espagnol… Nous finissons par un pancake chez notre Allemande… Fatigue, coups de soleil et piqûres de moustiques au menu de la nuit…
Dimanche 10 mars
Aujourd’hui, cool, courses (je trouve du miel en bouteille au marché) et lessive. A midi, trempette dans la piscine, c’est bon… Nos compagnons d’hier s’en vont à 14h00, une rumeur circule comme quoi les transports se mettent en grève à partir de demain dans toute la Bolivie. Bueno, maňana es otra dia…on vera… On reste tout seul à l’hôtel. On se fait un pique-nique d’enfer avec les fruits et légumes du cru,les avocats, les bananes, les tomates sont délicieux, cueillis mûrs, pas comme chez nous… L’après-midi passe en farniente dans des fauteuils sur la terrasse, à lire. La piscine est pleine d’eau mais aussi de jeunes du village qui débarquent, comme c’est dimanche. Comme partout ailleurs, ça frime et ça drague… autour de l’eau. Le soleil se maintient toute la journée et on peut se baigner et se détendre sur la terrasse jusqu’en fin d’après-midi. Après le dîner un petit mate de coca et au lit.
Lundi 11 mars
Grosse pluie ce matin, la balade projetée est reportée. Il pleut des trombes (la classique pluie tropicale…). Deuxième jour cool, cette fois-ci un peu forcé mais ça fait pas de mal. Nous nous baladons un peu dans le village en passant entre les gouttes, dans les périodes d’accalmie. La pluie cesse et le temps se lève en fin d’après-midi, dégageant un ciel limpide et lumineux. La vue est belle sur les montagnes, on distingue des sommets enneigés au loin. Le soir on retourne au cinéma voir une série B, film d’action « Condorman » ! Anglais sous titré espagnol… mais les dialogues ne posent aucun problèmes de compréhension ! Ca délasse le cerveau…
Mardi 12 mars
Je me lève tôt, motivé à 7h00 ! Pour Véro, c’est trop dur, elle décide de rester cool ce matin. Il fait beau, je pars faire l’ascension du sommet qui culmine au dessus du village. La montée est rapide, le sentier est bien tracé dans la prairie. Il y a quatre ressauts à franchir. Au 2e, je traverse un pan de forêt tropicale, mais la piste est toujours bien visible. Quelques nuages s’accrochent autour de moi, je monte vite pour ne pas arriver dans le brouillard. Au dernier ressaut la fatigue commence à se faire sentir. Encore un bosquet puis une montée raide, je souffle, je pense être arrivé… non, c’est encore plus haut ! Ca n’en finit plus de monter. Enfin, au bout d’une heure et demie, je suis au sommet, recouvert de forêt qui envahit toute la pente de l’autre versant. Je continue un peu sur la crête, dans la selva. C’est toujours un enchantement de se balader entre ces grands arbres, ces lianes, ces fleurs aux couleurs vives (rouges et jaunes essentiellement), ces plantes que l’on voit dans des pots chez nous et qui se servent ici des arbres comme tuteurs géants… Un nuage passe, la brume ajoute encore au côté magique du lieu… Je redescends en profitant des beaux points de vue sur les montagnes en face. A la montée je leur tournais le dos… A 11h30 je suis à nouveau en bas, en nage et couvert de boue… Un peu de lessive s’impose ainsi qu’un plongeon dans la piscine… Véro m’a préparé un petit pique-nique sympa. On se baigne à nouveau, puis nous repartons nous balader au village. Nous prenons des nouvelles de la grève : aucun bus ne passe, seulement les camions. Nous décidons de tenter quand même le voyage vers Caranavi demain. Nous achetons des galettes aux sœurs d’un couvent situé juste sous notre hôtel, elles sont délicieuses ! Nous mangeons à l’hôtel et finissons le repas par un mate, des galettes et du miel. Une petite bataille navale et au lit.
Caranavi : c’est une petite ville située dans le nord des Yungas à 670 mètres d’altitude. Elle se situe sur l’important et fréquenté axe routier qui relie la région Amazonienne du Béni à La Paz et l’Altiplano. C’est une ville étape entre ces deux régions. Elle est bordée par le Rio Coroico. Outre les nombreux ateliers de mécaniciens, Caranavi (comme les autres villes de la région) a une activité agricole importante. Ici on produit notamment des agrumes (oranges, mandarines, citrons, pamplemousses), des bananes, des papayes, du riz, du cacao, de la coca…et aussi du café.
Debout aux aurores ! (6h30). Nous finissons de préparer nos sacs (allégés on peut laisser une partie de nos bagages à l’hôtel). Petit déjeuner au marché, on achète des petits pains pour la route. A 8h15 on est à l’agence de flota Yungueňa. A 8h45 on charge nos sacs sur le toit et on embarque dans le minibus. A 9h00 on part. le bus est bondé comme d’habitude. Nous remontons La Paz, jusqu’au quartiers les plus pauvres sur l’altiplano. La route continue à escalader les Andes. Nous croisons et doublons sans arrêts des camions chargés de marchandises, fruits et légumes qui remontent des Yungas contre matériaux et électroménager descendant de la capitale… Les camions ont des bennes ouvertes, et par-dessus les marchandises, ce sont des passagers qui s’entassent formant un flot coloré serpentant sur la route. Nous croisons quelques lamas, passons près d’un barrage. L’altitude se fait sentir, la neige semble toute proche, nous arrivons au col, 4650m d’altitude. La route est toujours asphaltée. Le bus commence à descendre dans une gorge pas trop impressionnante pour le moment. Mais ça ne dure pas. La route (en construction) fait place à une piste de plus en plus étroite qui suit de près un torrent. Nous traversons quelques hameaux, puis la descente se durcit, la voie se rétrécit jusqu’à parfois la largeur du bus à peine… Le précipice devient hallucinant et ce ne sont pas les croix et les fleurs posées régulièrement sur le bord du chemin qui nous rassurent ! Il doit y avoir pas mal de véhicules qui ont finit dans le torrent quelques centaines de mètres plus bas ! Je comprends mieux les images pieuses et les extraits de prières accrochés ou peints directement sur la carrosserie… ¡ santa virgen, madre de dios ! Faites nous rester sur le droit chemin ! On doit friser les 1000m de vide, le torrent paraît minuscule tout en bas. Le paysage est somptueux. La prairie andine a fait place à une forêt de plus en plus dense et luxuriante. Nous passons à côté et même sous des cascades qui arrosent le bus. Je pense aux passagers des camions, ça doit leur faire bizarre ! Nous avançons très lentement, dès que le passage s’élargit nous doublons ou croisons toujours autant de camions. Quand la voie est libre le bus accélère (trop). Puis le bus s’arrête derrière une file de camions. Pleins de gens sont à pieds sur la route, ça s’agite beaucoup. Nous descendons et allons voir : un camions remplis d’oranges est partis dans le fossé (côté paroi…) en voulant croiser un autre camion. Tout le monde s’y met, un autre camion le tracte, et avec pleins de cordes ils arrivent à le redresser et le remettre sur la piste. Nous pouvons repartir. Nous arrivons à un croisement. Quelques maisons… A gauche la route continue vers l’Amazonie, l’Oriente comme il l’appelle ici. A droite, elle remonte vers un village accroché à flan de montagne, notre destination, Coroïco. Le chauffeur arrête le bus, coupe le contact et part déjeuner dans une gargote. Nous sommes à 7kms de Coroïco seulement ! Une heure plus tard, nous repartons et parcourons la montée en quelques minutes, arrivée à 13h30. Nous descendons (façon de parler) à l’hôtel Kori. A l’agence de bus une dame nous a remis une lettre pour le patron, son mari… la pension est proprette, sympa, avec une vue superbe sur les montagnes et la forêt tropicale. Nous sommes à 1700m d’altitude, il fait chaud au soleil. Le voyage nous a bien fatigués et nous faisons une sieste jusqu’à 16h30. Après ce temps de repos nous partons visiter le village, ce qui est vite fait, du charme mais sans plus. Nous découvrons que l’hôtel a une piscine, mais en cours de remplissage, il va falloir attendre demain pour se baigner. Nous prenons notre dîner à l’hôtel (cher et pas très copieux mais très bon…) puis nous repartons en balade dans le village. A la fenêtre de la mairie il y a une télé allumée qui profite à qui veut… les gens du village viennent la regarder et discutent sur la place. Il fait encore bien chaud le soir par rapport au froid de La Paz. Nous rentrons à l’hôtel, nous profitons encore un moment de la tiédeur de l’air, puis il se met à pleuvoir. Nous nous couchons et la nuit s’avère comme même fraîche…
Vendredi 8 mars
Après une bonne nuit et un réveil à 9h00, nous trouvons un petit déjeuner sympa dans un café tenu par une Allemande qui s’est installée ici. Du chocolat, des petits pains, du beurre, du miel… un délice ! Nous entamons la discussion (en espagnol) et elle nous indique des jolies balades aux alentours de Coroïco. En fin de matinée, nous partons nous promener. Le chemin longe des plantations de café, puis est bordé de bananiers, d’avocatiers, d’orangers, de citronniers… Les arbres et la luxuriance des plantes nous mettent dans une ambiance tropicale, la première fois de notre périple. Orchidées et papillons multicolores et virevoltants sont aussi de la partie. Nous longeons des champs de coca, en terrasse, petits arbustes sur de la terre dure comme du ciment. Nous en cueillons quelques feuilles. Ici la culture est libre tout le monde en mâche, la feuille a des vertus anesthésiantes, coupe-faim et aide à combattre le mal des montagnes. Plus bas, en Amazonie se trouvent des laboratoires clandestins qui extraient la cocaïne de cette plante médicinale. Un petit sentier grimpe jusqu’à une chapelle. Nous montons dans la moiteur, il commence à faire bien chaud. Des vautours planent au dessus de nous. Nous redescendons au village et passons au marché acheter des tomates, bananes, du pain une boîte de thon pour faire notre pique-nique que nous prenons à notre hôtel. Après-midi farniente, au bord de la piscine qui se remplit peu à peu. Nous nous baignons dans une eau fraîche mais agréable. Le temps se gâte, il pleuviote de temps en temps. Dans le jardin, nous découvrons une tortue et des colibris qui viennent butiner le nectar des fleurs. Nous terminons la journée par un peu de lessive, un repas à l’hôtel puis une séance de cinéma, assis sur des bancs en bois dans une salle municipale. Il y a du monde, les gens sont très interactifs, s’exclament, rient, applaudissent, font des commentaires en s’interpellant…Le film c’est… la guerre du feu. Pas de problèmes de langue, mais par contre la pellicule a dû voyager plus que nous encore… et les scènes de sexe ont disparu…
Samedi 9 mars
Aujourd’hui, après notre petit déj made in Deutschland, et quelques courses pour le pique-nique, nous partons randonner. Notre but : une belle cascade dans la forêt. Après une première petite erreur de parcours, nous montons à travers le village puis continuons sur la montagne jusqu’à une église. On se renseigne auprès d’un jeune berger. Un sentier part à gauche, à peine visible. Nous suivons un canal à flanc de montagne. Ce canal amène l’eau potable de la cascade jusqu’à Coroïco, il n’y a plus qu’à le suivre. Le sentier en balcon offre de beaux points de vue sur les montagnes en face, couvertes pour la plupart de forêt. Lorsque le sentier traverse un ruisseau, on s’enfonce dans de véritables jungles en miniature. Fougères arborescentes, lianes, orchidées, végétation épiphyte exubérante… le sentier se perd dans les hautes herbes. Pas beaucoup de randonneurs dans le coin ! Nous traversons avec prudence, Véronique a peur des araignées et autres serpents qui pourraient peupler cet univers. Après cette épreuve, digne d’Indiana Jones, nous retrouvons des plantations de coca. Après 2h10 de marche nous arrivons à la cascade, petit paradis perdu dans une autre mini selva… L’accès est un peu glissant, mais nous arrivons à nous rafraîchir dans le ruisseau. nous prenons notre repas sous les embruns. Nous sommes absolument seuls dans notre bout de forêt et nous profitons de ce moment de grâce… Mais le temps commence à se gâter, le ciel se couvrent de nuages menaçants… nous repartons… un peu plus loin sur le chemin de retour nous prenons un autre sentier qui descend à travers les plantations (coca, bananes puis potagers…). Il nous amène à un hameau. Il pleut, très fort par moment. Nous traversons ce pueblito et nous prenons la piste pour rentrer. Nous croisons et dépassons quelques cholos à pieds et voyons quelques camions et 4X4. Un petit estanco au bord de la route nous offre un abri. Nous prenons un fanta, les gens sont très gentils. Je sauve un papillon de la noyade dans une flaque d’eau. A 17h00 nous arrivons à l’hôtel, nos capes trempées et les pieds crottés. Le temps s’est levé, il fait beau à nouveau. Nous profitons des derniers rayons de soleil à la piscine qui est presque pleine. Ce soir on a de la compagnie, deux Américains, une Allemande et un Italien se joignent à nous pour le dîner. Nous échangeons sur nos voyages et sur nos lieux de vie respectifs dans un mélange d’anglais et d’espagnol… Nous finissons par un pancake chez notre Allemande… Fatigue, coups de soleil et piqûres de moustiques au menu de la nuit…
Dimanche 10 mars
Aujourd’hui, cool, courses (je trouve du miel en bouteille au marché) et lessive. A midi, trempette dans la piscine, c’est bon… Nos compagnons d’hier s’en vont à 14h00, une rumeur circule comme quoi les transports se mettent en grève à partir de demain dans toute la Bolivie. Bueno, maňana es otra dia…on vera… On reste tout seul à l’hôtel. On se fait un pique-nique d’enfer avec les fruits et légumes du cru,les avocats, les bananes, les tomates sont délicieux, cueillis mûrs, pas comme chez nous… L’après-midi passe en farniente dans des fauteuils sur la terrasse, à lire. La piscine est pleine d’eau mais aussi de jeunes du village qui débarquent, comme c’est dimanche. Comme partout ailleurs, ça frime et ça drague… autour de l’eau. Le soleil se maintient toute la journée et on peut se baigner et se détendre sur la terrasse jusqu’en fin d’après-midi. Après le dîner un petit mate de coca et au lit.
Lundi 11 mars
Grosse pluie ce matin, la balade projetée est reportée. Il pleut des trombes (la classique pluie tropicale…). Deuxième jour cool, cette fois-ci un peu forcé mais ça fait pas de mal. Nous nous baladons un peu dans le village en passant entre les gouttes, dans les périodes d’accalmie. La pluie cesse et le temps se lève en fin d’après-midi, dégageant un ciel limpide et lumineux. La vue est belle sur les montagnes, on distingue des sommets enneigés au loin. Le soir on retourne au cinéma voir une série B, film d’action « Condorman » ! Anglais sous titré espagnol… mais les dialogues ne posent aucun problèmes de compréhension ! Ca délasse le cerveau…
Mardi 12 mars
Je me lève tôt, motivé à 7h00 ! Pour Véro, c’est trop dur, elle décide de rester cool ce matin. Il fait beau, je pars faire l’ascension du sommet qui culmine au dessus du village. La montée est rapide, le sentier est bien tracé dans la prairie. Il y a quatre ressauts à franchir. Au 2e, je traverse un pan de forêt tropicale, mais la piste est toujours bien visible. Quelques nuages s’accrochent autour de moi, je monte vite pour ne pas arriver dans le brouillard. Au dernier ressaut la fatigue commence à se faire sentir. Encore un bosquet puis une montée raide, je souffle, je pense être arrivé… non, c’est encore plus haut ! Ca n’en finit plus de monter. Enfin, au bout d’une heure et demie, je suis au sommet, recouvert de forêt qui envahit toute la pente de l’autre versant. Je continue un peu sur la crête, dans la selva. C’est toujours un enchantement de se balader entre ces grands arbres, ces lianes, ces fleurs aux couleurs vives (rouges et jaunes essentiellement), ces plantes que l’on voit dans des pots chez nous et qui se servent ici des arbres comme tuteurs géants… Un nuage passe, la brume ajoute encore au côté magique du lieu… Je redescends en profitant des beaux points de vue sur les montagnes en face. A la montée je leur tournais le dos… A 11h30 je suis à nouveau en bas, en nage et couvert de boue… Un peu de lessive s’impose ainsi qu’un plongeon dans la piscine… Véro m’a préparé un petit pique-nique sympa. On se baigne à nouveau, puis nous repartons nous balader au village. Nous prenons des nouvelles de la grève : aucun bus ne passe, seulement les camions. Nous décidons de tenter quand même le voyage vers Caranavi demain. Nous achetons des galettes aux sœurs d’un couvent situé juste sous notre hôtel, elles sont délicieuses ! Nous mangeons à l’hôtel et finissons le repas par un mate, des galettes et du miel. Une petite bataille navale et au lit.
Caranavi : c’est une petite ville située dans le nord des Yungas à 670 mètres d’altitude. Elle se situe sur l’important et fréquenté axe routier qui relie la région Amazonienne du Béni à La Paz et l’Altiplano. C’est une ville étape entre ces deux régions. Elle est bordée par le Rio Coroico. Outre les nombreux ateliers de mécaniciens, Caranavi (comme les autres villes de la région) a une activité agricole importante. Ici on produit notamment des agrumes (oranges, mandarines, citrons, pamplemousses), des bananes, des papayes, du riz, du cacao, de la coca…et aussi du café.

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