Sunday, March 30, 2008

Amazonie manquée...

Mercredi 13 mars
Je n’ai pas entendu mon réveil ce matin. Lever à 6h30… ptitdéj, sacs vite faits. Pas de bus, on esssaie de trouver un camion qui part pour Caranavi, porte de l’Amazonie bolivienne. Pas de camion non plus ! Finalement on en trouve un qui va à Yolosa, à 7km, au carrefour plus bas. Le camion descend à vide, on a de la place… On y est à 8h00, c’est le trou… un village carrefour des pistes entre La Paz et l’Amazonie. Nous attendons un peu. Vers 9h00, une camionnette s’arrête au check point de police où nous attendons. Chance, ils vont à Caranavi. Nous nous tassons à l’arrière, et c’est parti. La piste ressemble à celle de La Paz – Coroïco, mais en moins vertigineux. La camionnette s’embourbe une fois. Il faut descendre et pousser… Une autre fois, nous nous arrêtons devant un estanco sur le bord de la route. Nos chauffeurs achètent trois grands sacs de coca… pour quoi faire ? Nous pensons aux labos clandestins… On en profite pour boire un jus d’ananas. On nous propose un magnifique perroquet. Nous repartons, par pour longtemps… le moteur tombe en panne… Mais ils ont l’air d’être habitués, c’est vite réparé. Nous rachetons des sacs de coca (de plus en plus louche, j’espère qu’ils vont bien nous amener à destination…). A 13h30 pétante on débarque à Caranavi. Le village est plus grand que Coroïco, plus bas en altitude donc plus chaud, et sur le plat alors que Coroïco se trouve à flanc de montagne. Moins de charme donc et plus poussiéreux… Le premier hôtel où nous nous présentons est hors de prix… le 2e beaucoup plus abordable heureusement. Alojamiento « Porvenir », c’est son nom. La chambre est propre, trois fenêtres avec moustiquaires. La chaleur nous surprend et nous assomme… une sieste s’impose. On va ensuite se promener en ville, j’achète des tongs, des pamplemousses et on change des dollars dans un garage… Nous nous renseignons pour continuer vers Puerto Linares en Amazonie (je veux aller voir des crocodiles…), les avis divergent sur les départs possibles… entre 6h du mat’ et 6h du soir ! On verra demain. Repas sympa et pas cher à l’hôtel. Petit tour sur la plaza du village, on prend un verre dans la tiédeur du soir. La nuit les moustiques sont à l’affût, malgré les moustiquaires. Bienvenue en Amazonie !

Jeudi 14 mars
Aujourd’hui, c’est notre 50e jour de voyage ! Après un petit déjeuner « completo » (œuf, banane, viande, pain, café), nous cherchons un camion pour Puerto Linares… ¡ Nada ! Pas de départ… Je change un peu d’argent, les cours ont baissés depuis hier, la journée commence bien ! A midi, on déjeune à l’hôtel, la bouffe est dégueulasse… bon, restons zen, l’après-midi se passe à attendre un hypothétique camion. La chaleur est étouffante. A 16h00, miracle ! Un bus passe qui y va. On embarque. La piste traverse des plantations, des bouts de forêt tropicale, le relief reste tourmenté, le soleil se couche au loin sur les montagnes enneigées… il fait rapidement nuit… Le bus s’arrête à un carrefour… Il faut descendre ici sur un pont sur le rio Beni… Puerto Linares c’est là-bas nous indique le chauffeur en montrant une autre piste qui longe le rio… A 15km, à pieds, dans la nuit, génial ! Nous choisissons de nous faire déposer au village suivant sur l’itinéraire du bus, Sospecho. C’est minuscule, il n’y a rien pour y dormir. Un villageois nous accompagne à une maison occupée par un ingénieur allemand qui travaille pour la coopérative agricole. Celui-ci nous accueille assez froidement, il se demande visiblement ce qu’on fiche dans ce bled… Après lui avoir exposé note problème, il nous prête une pièce avec deux paillasses. Il est incapable de nous donner le moindre renseignement sur Puerto Linares. Son envie de nous aider semble se limiter au minimum syndical, il ne nous offre ni à manger, ni à boire… IL n’y a plus qu’à se coucher et à s’endormir en compagnie des moustiques…

Vendredi 15mars
Après un accueil aussi chaleureux, nous décidons de partir dès notre réveil, à 7h00, en laissant un mot de remerciements. Nous marchons jusqu’au pont à l’embranchement. Nous trouvons quelques personnes qui nous disent qu’il n’y a pas de bateau, et qu’il y a 3h1/2 de marche ! Et après Puerto Linares il faut encore trouver un hypothétique bateau pour trouver la forêt amazonienne et les crocos ! Le découragement nous gagne, la grève des transports, comme au Macchu Picchu aura raison de nos projets… En plus on n’a presque plus rien à manger… 2 camions sont passés en direction de La Paz pendant que nous discutons de la suite ou non de notre entreprise. On doit pouvoir en prendre un troisième pour rentrer. Nous prenons un petit déjeuner dans le hameau près du pont où nous trouvons des bananes, des gâteaux et du café. Puis on va se poster après le pont et on attend… La chaleur monte, on est en plein cagnard… Les moustiques s’en mêlent, aucun véhicule ne passe plus, l’attente se fait interminable. A 14h, toujours rien, d’autres personnes, des Boliviens nous rejoignent. Des pirogues arrivent sur le rio, mais elles s’arrêtent là, elles ne repartent pas aujourd’hui… A 17j, je suis mort de faim, je pars acheter des gâteaux. Au moment de payer, j’entends Véro qui hurle ! Un camion, enfin ! Après 10h d’attente ! Je travers le pont en courant et on peut monter dans la benne ouverte et vide. Il va à La Paz, ouf, enfin une chance ! Après une heure de route, il s’arrête dans une coopérative agricole. Et là, on charge ! Hommes, femmes, enfants, poules tortues, sacs de farine, de sucre, appareils ménagers… Je m’asseois sur une gazinière, tout ce monde s’installe tant bien que mal sur les ballots et les sacs. A 19h30, la nuit tombe et le camion redémarre. Nous sommes au moins 30 personnes… L’ambiance est bon enfant. Les cahots tantôt nous bercent, tantôt nous bousculent… A 22h nous repassons à Caranavi. Les gens discutent, mangent, somnolent, nous installons le plus confortablement possible sur nos sacs à dos pour la nuit. 9a bouge, ça tangue, mal aux fesses, au dos, il commence à faire frais au fur et à mesure que la nuit avance et que nous montons en altitude. J’arrive à dormir de temps en temps quand la piste se défait un peu de ses trous, nids de poule (que dis-je, nids d’autruche !), et autres ornières… Cahin caha nous arrivons au…

Samedi 16 mars
A 4h du mat’ nous repassons à Yolosa, au carrefour de Coroïco. Nous dormons encore un peu avant le lever du jour. Le camion monte tout doucement. Nous sommes bloqués par un camion et un bus en panne. Ca redémarre alors que le jour se lève. Nous sommes dans la grande montée, dans les gorges vers la Cumbre. Il fait de plus en plus froid. Nos compagnons sortent des bâches et se réfugient dessous… nous avons tout juste le temps de nous abriter sous nos capes, nous passons sous les cascades ! Il fait grand beau. Nous rejoignons enfin le soleil qui nous échauffe un peu de ses rayons. A 9h le camion fait ne pause dans un hameau. Nous pouvons prendre un café et un sandwich. Il y a beaucoup de monde et d’effervescence, tous les camions s’arrêtent ici. On rembarque, je suis vermoulu… la montée reprend, le soleil se fait plus généreux heureusement. Le paysage se dégage, la vue sur tous les sommets est magnifique. Nous roulons à 10kms à l’heure… Tous les autres camions nous doublent. Les cholos sont joueurs et entre tous les camions chargés de campesinos qui se croisent ou qui se doublent se déclenchent des batailles de peaux de bananes, dans l’hilarité générale… il faut le vivre pour y croire… Nous atteignons le col à seulement 13h. Il y règne un vent glacial qui va nous accompagner durant toute la descente. La vue est encore plus belle sur les hauts sommets des Andes enneigés. Des troupeaux de lamas en liberté complètent l’imagerie classique d’une Bolivie mythique. Nous sommes à La Paz une heure plus tard, la descente aidant… Nous prenons le microbus n° 135 et nous arrivons à l’hôtel Austria, sales poussiéreux, exténués. Il ne reste plus qu’une chambre à 4 lits que nous partageons avec 2 Américains. La douche est bien chaude, quel plaisir ! On descend manger un hamburger en ville et on remonte vite faire une bonne sieste. Le soir nous ressortons et rencontrons par hasard deux des Français déjà croisé à Huaraz (Pierre-enri et Hélène). Nous dînons ensemble (deux steaks énormes avec purée et nouilles pour nous !). La grève des mineurs continue, il n’y a plus de poste ni de bus ni de trains, Même les banques sont fermées. Nous risquons d’être coincés à La Paz un moment. Nous rentrons nous coucher… mais la chambre donne sur la rue qui est très bruyante… Le sommeil tarde à venir…

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