Sunday, March 30, 2008

Amazonie manquée...

Mercredi 13 mars
Je n’ai pas entendu mon réveil ce matin. Lever à 6h30… ptitdéj, sacs vite faits. Pas de bus, on esssaie de trouver un camion qui part pour Caranavi, porte de l’Amazonie bolivienne. Pas de camion non plus ! Finalement on en trouve un qui va à Yolosa, à 7km, au carrefour plus bas. Le camion descend à vide, on a de la place… On y est à 8h00, c’est le trou… un village carrefour des pistes entre La Paz et l’Amazonie. Nous attendons un peu. Vers 9h00, une camionnette s’arrête au check point de police où nous attendons. Chance, ils vont à Caranavi. Nous nous tassons à l’arrière, et c’est parti. La piste ressemble à celle de La Paz – Coroïco, mais en moins vertigineux. La camionnette s’embourbe une fois. Il faut descendre et pousser… Une autre fois, nous nous arrêtons devant un estanco sur le bord de la route. Nos chauffeurs achètent trois grands sacs de coca… pour quoi faire ? Nous pensons aux labos clandestins… On en profite pour boire un jus d’ananas. On nous propose un magnifique perroquet. Nous repartons, par pour longtemps… le moteur tombe en panne… Mais ils ont l’air d’être habitués, c’est vite réparé. Nous rachetons des sacs de coca (de plus en plus louche, j’espère qu’ils vont bien nous amener à destination…). A 13h30 pétante on débarque à Caranavi. Le village est plus grand que Coroïco, plus bas en altitude donc plus chaud, et sur le plat alors que Coroïco se trouve à flanc de montagne. Moins de charme donc et plus poussiéreux… Le premier hôtel où nous nous présentons est hors de prix… le 2e beaucoup plus abordable heureusement. Alojamiento « Porvenir », c’est son nom. La chambre est propre, trois fenêtres avec moustiquaires. La chaleur nous surprend et nous assomme… une sieste s’impose. On va ensuite se promener en ville, j’achète des tongs, des pamplemousses et on change des dollars dans un garage… Nous nous renseignons pour continuer vers Puerto Linares en Amazonie (je veux aller voir des crocodiles…), les avis divergent sur les départs possibles… entre 6h du mat’ et 6h du soir ! On verra demain. Repas sympa et pas cher à l’hôtel. Petit tour sur la plaza du village, on prend un verre dans la tiédeur du soir. La nuit les moustiques sont à l’affût, malgré les moustiquaires. Bienvenue en Amazonie !

Jeudi 14 mars
Aujourd’hui, c’est notre 50e jour de voyage ! Après un petit déjeuner « completo » (œuf, banane, viande, pain, café), nous cherchons un camion pour Puerto Linares… ¡ Nada ! Pas de départ… Je change un peu d’argent, les cours ont baissés depuis hier, la journée commence bien ! A midi, on déjeune à l’hôtel, la bouffe est dégueulasse… bon, restons zen, l’après-midi se passe à attendre un hypothétique camion. La chaleur est étouffante. A 16h00, miracle ! Un bus passe qui y va. On embarque. La piste traverse des plantations, des bouts de forêt tropicale, le relief reste tourmenté, le soleil se couche au loin sur les montagnes enneigées… il fait rapidement nuit… Le bus s’arrête à un carrefour… Il faut descendre ici sur un pont sur le rio Beni… Puerto Linares c’est là-bas nous indique le chauffeur en montrant une autre piste qui longe le rio… A 15km, à pieds, dans la nuit, génial ! Nous choisissons de nous faire déposer au village suivant sur l’itinéraire du bus, Sospecho. C’est minuscule, il n’y a rien pour y dormir. Un villageois nous accompagne à une maison occupée par un ingénieur allemand qui travaille pour la coopérative agricole. Celui-ci nous accueille assez froidement, il se demande visiblement ce qu’on fiche dans ce bled… Après lui avoir exposé note problème, il nous prête une pièce avec deux paillasses. Il est incapable de nous donner le moindre renseignement sur Puerto Linares. Son envie de nous aider semble se limiter au minimum syndical, il ne nous offre ni à manger, ni à boire… IL n’y a plus qu’à se coucher et à s’endormir en compagnie des moustiques…

Vendredi 15mars
Après un accueil aussi chaleureux, nous décidons de partir dès notre réveil, à 7h00, en laissant un mot de remerciements. Nous marchons jusqu’au pont à l’embranchement. Nous trouvons quelques personnes qui nous disent qu’il n’y a pas de bateau, et qu’il y a 3h1/2 de marche ! Et après Puerto Linares il faut encore trouver un hypothétique bateau pour trouver la forêt amazonienne et les crocos ! Le découragement nous gagne, la grève des transports, comme au Macchu Picchu aura raison de nos projets… En plus on n’a presque plus rien à manger… 2 camions sont passés en direction de La Paz pendant que nous discutons de la suite ou non de notre entreprise. On doit pouvoir en prendre un troisième pour rentrer. Nous prenons un petit déjeuner dans le hameau près du pont où nous trouvons des bananes, des gâteaux et du café. Puis on va se poster après le pont et on attend… La chaleur monte, on est en plein cagnard… Les moustiques s’en mêlent, aucun véhicule ne passe plus, l’attente se fait interminable. A 14h, toujours rien, d’autres personnes, des Boliviens nous rejoignent. Des pirogues arrivent sur le rio, mais elles s’arrêtent là, elles ne repartent pas aujourd’hui… A 17j, je suis mort de faim, je pars acheter des gâteaux. Au moment de payer, j’entends Véro qui hurle ! Un camion, enfin ! Après 10h d’attente ! Je travers le pont en courant et on peut monter dans la benne ouverte et vide. Il va à La Paz, ouf, enfin une chance ! Après une heure de route, il s’arrête dans une coopérative agricole. Et là, on charge ! Hommes, femmes, enfants, poules tortues, sacs de farine, de sucre, appareils ménagers… Je m’asseois sur une gazinière, tout ce monde s’installe tant bien que mal sur les ballots et les sacs. A 19h30, la nuit tombe et le camion redémarre. Nous sommes au moins 30 personnes… L’ambiance est bon enfant. Les cahots tantôt nous bercent, tantôt nous bousculent… A 22h nous repassons à Caranavi. Les gens discutent, mangent, somnolent, nous installons le plus confortablement possible sur nos sacs à dos pour la nuit. 9a bouge, ça tangue, mal aux fesses, au dos, il commence à faire frais au fur et à mesure que la nuit avance et que nous montons en altitude. J’arrive à dormir de temps en temps quand la piste se défait un peu de ses trous, nids de poule (que dis-je, nids d’autruche !), et autres ornières… Cahin caha nous arrivons au…

Samedi 16 mars
A 4h du mat’ nous repassons à Yolosa, au carrefour de Coroïco. Nous dormons encore un peu avant le lever du jour. Le camion monte tout doucement. Nous sommes bloqués par un camion et un bus en panne. Ca redémarre alors que le jour se lève. Nous sommes dans la grande montée, dans les gorges vers la Cumbre. Il fait de plus en plus froid. Nos compagnons sortent des bâches et se réfugient dessous… nous avons tout juste le temps de nous abriter sous nos capes, nous passons sous les cascades ! Il fait grand beau. Nous rejoignons enfin le soleil qui nous échauffe un peu de ses rayons. A 9h le camion fait ne pause dans un hameau. Nous pouvons prendre un café et un sandwich. Il y a beaucoup de monde et d’effervescence, tous les camions s’arrêtent ici. On rembarque, je suis vermoulu… la montée reprend, le soleil se fait plus généreux heureusement. Le paysage se dégage, la vue sur tous les sommets est magnifique. Nous roulons à 10kms à l’heure… Tous les autres camions nous doublent. Les cholos sont joueurs et entre tous les camions chargés de campesinos qui se croisent ou qui se doublent se déclenchent des batailles de peaux de bananes, dans l’hilarité générale… il faut le vivre pour y croire… Nous atteignons le col à seulement 13h. Il y règne un vent glacial qui va nous accompagner durant toute la descente. La vue est encore plus belle sur les hauts sommets des Andes enneigés. Des troupeaux de lamas en liberté complètent l’imagerie classique d’une Bolivie mythique. Nous sommes à La Paz une heure plus tard, la descente aidant… Nous prenons le microbus n° 135 et nous arrivons à l’hôtel Austria, sales poussiéreux, exténués. Il ne reste plus qu’une chambre à 4 lits que nous partageons avec 2 Américains. La douche est bien chaude, quel plaisir ! On descend manger un hamburger en ville et on remonte vite faire une bonne sieste. Le soir nous ressortons et rencontrons par hasard deux des Français déjà croisé à Huaraz (Pierre-enri et Hélène). Nous dînons ensemble (deux steaks énormes avec purée et nouilles pour nous !). La grève des mineurs continue, il n’y a plus de poste ni de bus ni de trains, Même les banques sont fermées. Nous risquons d’être coincés à La Paz un moment. Nous rentrons nous coucher… mais la chambre donne sur la rue qui est très bruyante… Le sommeil tarde à venir…

Monday, March 17, 2008

Coroïco

Jeudi 7 mars
Debout aux aurores ! (6h30). Nous finissons de préparer nos sacs (allégés on peut laisser une partie de nos bagages à l’hôtel). Petit déjeuner au marché, on achète des petits pains pour la route. A 8h15 on est à l’agence de flota Yungueňa. A 8h45 on charge nos sacs sur le toit et on embarque dans le minibus. A 9h00 on part. le bus est bondé comme d’habitude. Nous remontons La Paz, jusqu’au quartiers les plus pauvres sur l’altiplano. La route continue à escalader les Andes. Nous croisons et doublons sans arrêts des camions chargés de marchandises, fruits et légumes qui remontent des Yungas contre matériaux et électroménager descendant de la capitale… Les camions ont des bennes ouvertes, et par-dessus les marchandises, ce sont des passagers qui s’entassent formant un flot coloré serpentant sur la route. Nous croisons quelques lamas, passons près d’un barrage. L’altitude se fait sentir, la neige semble toute proche, nous arrivons au col, 4650m d’altitude. La route est toujours asphaltée. Le bus commence à descendre dans une gorge pas trop impressionnante pour le moment. Mais ça ne dure pas. La route (en construction) fait place à une piste de plus en plus étroite qui suit de près un torrent. Nous traversons quelques hameaux, puis la descente se durcit, la voie se rétrécit jusqu’à parfois la largeur du bus à peine… Le précipice devient hallucinant et ce ne sont pas les croix et les fleurs posées régulièrement sur le bord du chemin qui nous rassurent ! Il doit y avoir pas mal de véhicules qui ont finit dans le torrent quelques centaines de mètres plus bas ! Je comprends mieux les images pieuses et les extraits de prières accrochés ou peints directement sur la carrosserie… ¡ santa virgen, madre de dios ! Faites nous rester sur le droit chemin ! On doit friser les 1000m de vide, le torrent paraît minuscule tout en bas. Le paysage est somptueux. La prairie andine a fait place à une forêt de plus en plus dense et luxuriante. Nous passons à côté et même sous des cascades qui arrosent le bus. Je pense aux passagers des camions, ça doit leur faire bizarre ! Nous avançons très lentement, dès que le passage s’élargit nous doublons ou croisons toujours autant de camions. Quand la voie est libre le bus accélère (trop). Puis le bus s’arrête derrière une file de camions. Pleins de gens sont à pieds sur la route, ça s’agite beaucoup. Nous descendons et allons voir : un camions remplis d’oranges est partis dans le fossé (côté paroi…) en voulant croiser un autre camion. Tout le monde s’y met, un autre camion le tracte, et avec pleins de cordes ils arrivent à le redresser et le remettre sur la piste. Nous pouvons repartir. Nous arrivons à un croisement. Quelques maisons… A gauche la route continue vers l’Amazonie, l’Oriente comme il l’appelle ici. A droite, elle remonte vers un village accroché à flan de montagne, notre destination, Coroïco. Le chauffeur arrête le bus, coupe le contact et part déjeuner dans une gargote. Nous sommes à 7kms de Coroïco seulement ! Une heure plus tard, nous repartons et parcourons la montée en quelques minutes, arrivée à 13h30. Nous descendons (façon de parler) à l’hôtel Kori. A l’agence de bus une dame nous a remis une lettre pour le patron, son mari… la pension est proprette, sympa, avec une vue superbe sur les montagnes et la forêt tropicale. Nous sommes à 1700m d’altitude, il fait chaud au soleil. Le voyage nous a bien fatigués et nous faisons une sieste jusqu’à 16h30. Après ce temps de repos nous partons visiter le village, ce qui est vite fait, du charme mais sans plus. Nous découvrons que l’hôtel a une piscine, mais en cours de remplissage, il va falloir attendre demain pour se baigner. Nous prenons notre dîner à l’hôtel (cher et pas très copieux mais très bon…) puis nous repartons en balade dans le village. A la fenêtre de la mairie il y a une télé allumée qui profite à qui veut… les gens du village viennent la regarder et discutent sur la place. Il fait encore bien chaud le soir par rapport au froid de La Paz. Nous rentrons à l’hôtel, nous profitons encore un moment de la tiédeur de l’air, puis il se met à pleuvoir. Nous nous couchons et la nuit s’avère comme même fraîche…

Vendredi 8 mars
Après une bonne nuit et un réveil à 9h00, nous trouvons un petit déjeuner sympa dans un café tenu par une Allemande qui s’est installée ici. Du chocolat, des petits pains, du beurre, du miel… un délice ! Nous entamons la discussion (en espagnol) et elle nous indique des jolies balades aux alentours de Coroïco. En fin de matinée, nous partons nous promener. Le chemin longe des plantations de café, puis est bordé de bananiers, d’avocatiers, d’orangers, de citronniers… Les arbres et la luxuriance des plantes nous mettent dans une ambiance tropicale, la première fois de notre périple. Orchidées et papillons multicolores et virevoltants sont aussi de la partie. Nous longeons des champs de coca, en terrasse, petits arbustes sur de la terre dure comme du ciment. Nous en cueillons quelques feuilles. Ici la culture est libre tout le monde en mâche, la feuille a des vertus anesthésiantes, coupe-faim et aide à combattre le mal des montagnes. Plus bas, en Amazonie se trouvent des laboratoires clandestins qui extraient la cocaïne de cette plante médicinale. Un petit sentier grimpe jusqu’à une chapelle. Nous montons dans la moiteur, il commence à faire bien chaud. Des vautours planent au dessus de nous. Nous redescendons au village et passons au marché acheter des tomates, bananes, du pain une boîte de thon pour faire notre pique-nique que nous prenons à notre hôtel. Après-midi farniente, au bord de la piscine qui se remplit peu à peu. Nous nous baignons dans une eau fraîche mais agréable. Le temps se gâte, il pleuviote de temps en temps. Dans le jardin, nous découvrons une tortue et des colibris qui viennent butiner le nectar des fleurs. Nous terminons la journée par un peu de lessive, un repas à l’hôtel puis une séance de cinéma, assis sur des bancs en bois dans une salle municipale. Il y a du monde, les gens sont très interactifs, s’exclament, rient, applaudissent, font des commentaires en s’interpellant…Le film c’est… la guerre du feu. Pas de problèmes de langue, mais par contre la pellicule a dû voyager plus que nous encore… et les scènes de sexe ont disparu…

Samedi 9 mars
Aujourd’hui, après notre petit déj made in Deutschland, et quelques courses pour le pique-nique, nous partons randonner. Notre but : une belle cascade dans la forêt. Après une première petite erreur de parcours, nous montons à travers le village puis continuons sur la montagne jusqu’à une église. On se renseigne auprès d’un jeune berger. Un sentier part à gauche, à peine visible. Nous suivons un canal à flanc de montagne. Ce canal amène l’eau potable de la cascade jusqu’à Coroïco, il n’y a plus qu’à le suivre. Le sentier en balcon offre de beaux points de vue sur les montagnes en face, couvertes pour la plupart de forêt. Lorsque le sentier traverse un ruisseau, on s’enfonce dans de véritables jungles en miniature. Fougères arborescentes, lianes, orchidées, végétation épiphyte exubérante… le sentier se perd dans les hautes herbes. Pas beaucoup de randonneurs dans le coin ! Nous traversons avec prudence, Véronique a peur des araignées et autres serpents qui pourraient peupler cet univers. Après cette épreuve, digne d’Indiana Jones, nous retrouvons des plantations de coca. Après 2h10 de marche nous arrivons à la cascade, petit paradis perdu dans une autre mini selva… L’accès est un peu glissant, mais nous arrivons à nous rafraîchir dans le ruisseau. nous prenons notre repas sous les embruns. Nous sommes absolument seuls dans notre bout de forêt et nous profitons de ce moment de grâce… Mais le temps commence à se gâter, le ciel se couvrent de nuages menaçants… nous repartons… un peu plus loin sur le chemin de retour nous prenons un autre sentier qui descend à travers les plantations (coca, bananes puis potagers…). Il nous amène à un hameau. Il pleut, très fort par moment. Nous traversons ce pueblito et nous prenons la piste pour rentrer. Nous croisons et dépassons quelques cholos à pieds et voyons quelques camions et 4X4. Un petit estanco au bord de la route nous offre un abri. Nous prenons un fanta, les gens sont très gentils. Je sauve un papillon de la noyade dans une flaque d’eau. A 17h00 nous arrivons à l’hôtel, nos capes trempées et les pieds crottés. Le temps s’est levé, il fait beau à nouveau. Nous profitons des derniers rayons de soleil à la piscine qui est presque pleine. Ce soir on a de la compagnie, deux Américains, une Allemande et un Italien se joignent à nous pour le dîner. Nous échangeons sur nos voyages et sur nos lieux de vie respectifs dans un mélange d’anglais et d’espagnol… Nous finissons par un pancake chez notre Allemande… Fatigue, coups de soleil et piqûres de moustiques au menu de la nuit…

Dimanche 10 mars
Aujourd’hui, cool, courses (je trouve du miel en bouteille au marché) et lessive. A midi, trempette dans la piscine, c’est bon… Nos compagnons d’hier s’en vont à 14h00, une rumeur circule comme quoi les transports se mettent en grève à partir de demain dans toute la Bolivie. Bueno, maňana es otra dia…on vera… On reste tout seul à l’hôtel. On se fait un pique-nique d’enfer avec les fruits et légumes du cru,les avocats, les bananes, les tomates sont délicieux, cueillis mûrs, pas comme chez nous… L’après-midi passe en farniente dans des fauteuils sur la terrasse, à lire. La piscine est pleine d’eau mais aussi de jeunes du village qui débarquent, comme c’est dimanche. Comme partout ailleurs, ça frime et ça drague… autour de l’eau. Le soleil se maintient toute la journée et on peut se baigner et se détendre sur la terrasse jusqu’en fin d’après-midi. Après le dîner un petit mate de coca et au lit.

Lundi 11 mars
Grosse pluie ce matin, la balade projetée est reportée. Il pleut des trombes (la classique pluie tropicale…). Deuxième jour cool, cette fois-ci un peu forcé mais ça fait pas de mal. Nous nous baladons un peu dans le village en passant entre les gouttes, dans les périodes d’accalmie. La pluie cesse et le temps se lève en fin d’après-midi, dégageant un ciel limpide et lumineux. La vue est belle sur les montagnes, on distingue des sommets enneigés au loin. Le soir on retourne au cinéma voir une série B, film d’action « Condorman » ! Anglais sous titré espagnol… mais les dialogues ne posent aucun problèmes de compréhension ! Ca délasse le cerveau…

Mardi 12 mars
Je me lève tôt, motivé à 7h00 ! Pour Véro, c’est trop dur, elle décide de rester cool ce matin. Il fait beau, je pars faire l’ascension du sommet qui culmine au dessus du village. La montée est rapide, le sentier est bien tracé dans la prairie. Il y a quatre ressauts à franchir. Au 2e, je traverse un pan de forêt tropicale, mais la piste est toujours bien visible. Quelques nuages s’accrochent autour de moi, je monte vite pour ne pas arriver dans le brouillard. Au dernier ressaut la fatigue commence à se faire sentir. Encore un bosquet puis une montée raide, je souffle, je pense être arrivé… non, c’est encore plus haut ! Ca n’en finit plus de monter. Enfin, au bout d’une heure et demie, je suis au sommet, recouvert de forêt qui envahit toute la pente de l’autre versant. Je continue un peu sur la crête, dans la selva. C’est toujours un enchantement de se balader entre ces grands arbres, ces lianes, ces fleurs aux couleurs vives (rouges et jaunes essentiellement), ces plantes que l’on voit dans des pots chez nous et qui se servent ici des arbres comme tuteurs géants… Un nuage passe, la brume ajoute encore au côté magique du lieu… Je redescends en profitant des beaux points de vue sur les montagnes en face. A la montée je leur tournais le dos… A 11h30 je suis à nouveau en bas, en nage et couvert de boue… Un peu de lessive s’impose ainsi qu’un plongeon dans la piscine… Véro m’a préparé un petit pique-nique sympa. On se baigne à nouveau, puis nous repartons nous balader au village. Nous prenons des nouvelles de la grève : aucun bus ne passe, seulement les camions. Nous décidons de tenter quand même le voyage vers Caranavi demain. Nous achetons des galettes aux sœurs d’un couvent situé juste sous notre hôtel, elles sont délicieuses ! Nous mangeons à l’hôtel et finissons le repas par un mate, des galettes et du miel. Une petite bataille navale et au lit.

Caranavi : c’est une petite ville située dans le nord des Yungas à 670 mètres d’altitude. Elle se situe sur l’important et fréquenté axe routier qui relie la région Amazonienne du Béni à La Paz et l’Altiplano. C’est une ville étape entre ces deux régions. Elle est bordée par le Rio Coroico. Outre les nombreux ateliers de mécaniciens, Caranavi (comme les autres villes de la région) a une activité agricole importante. Ici on produit notamment des agrumes (oranges, mandarines, citrons, pamplemousses), des bananes, des papayes, du riz, du cacao, de la coca…et aussi du café.

La Paz

Mardi 5 mars
Pluie diluvienne toute la journée. Des torrents se déversent dans les rues pavées. On arrive à sortir pour visiter le marché artisanal l’après-midi. Plaisir des yeux, mais peu de bonnes affaires… Nous passons la majeure partie de la journée à discuter dans la chambre en buvant du thé. Le soir, nous mangeons dans le restau juste en dessous de l’hôtel. Un jus de banane et un bon livre achèvent ce jour de farniente. Demain il fera beau…

Mercredi 6 mars
Mes ennuis digestifs ont disparu pour de bon. Après un petit déjeuner sur le marché, nous allons à la Cie Yungueňas pour prendre nos billets. Nous partons demain à Coroïco, village dans les Yungas, sur le versant est de la cordillère, à la limite de l’Amazonie bolivienne. C’est aujourd’hui aussi que Vincent nous quitte, il descend à Potosi, plus au sud. Nous l’accompagnons jusqu’à la gare et nous nous quittons avec le cœur un peu serré après avoir passé quelques semaines comme compagnons de route. Nous, nous reprenons un bus qui nous mène à Aranjuez, tout en bas de la ville, au-delà des beaux quartiers. Nous descendons au terminus de la ligne. Nous continuons à pied, par un petit chemin qui serpente jusqu’à la vallée de la lune. Le paysage est d’abord désolé, quasi-désertique. Aucune indication… Nous demandons notre route à deux vendeurs de casseroles… Tout droit, nous disent-ils, en riant. On verra bien… Nous arrivons à un petit village, toujours pas de vallée lunaire. Nous renouvelons notre question à une petite fille. Il fallait tourner à gauche… Nous retournons sur nos pas, prenons une bifurcation… et la voila qui s’étale sous nos yeux. L’érosion a creusé partout des infractuosités, des colonnes, des cheminées des fées, en un immense dédale de roches poudreuses et friables. Nous nous promenons longuement dans ce paysage d’une beauté torturée et onirique. En redescendant, nous tombons sur un jardin de cactus. Quelques uns sont garnis de très belles fleurs. Le soleil est de la partie et participe à l’enchantement. Nous retombons sur terre lorsque nous revenons au point de départ et voyons le bus démarrer juste devant nous… Trop tard ! La soif et la fatigue nous amènent dans une petite échoppe où nous buvons un fanta. La Cholita qui nous sert nous assure qu’il y a un autre bus plus tard… Une heure plus tard, ne voyant rien venir, on décide de commencer à pied. Au bout de une heure et demie de marche, nous rejoignons une route plus importante… ouf, on trouve un collectivo déjà bondé mais qui accepte de nous convoyer jusqu’au centre. Embouteillages, serrés comme des sardines, il y a à nouveau des manifestations de mineurs. Nous arrivons alors que les manifestants se dispersent. Nous faisons quelques courses pour le voyage de demain (charcuterie, yaourts, pain), et changeons quelques dollars avant de dîner (tallarin con bife, un délice…). Nous pouvons aller nous coucher, “cansados pero encantados”…

Nuestra Señora de La Paz, couramment désignée simplement La Paz, est une ville de Bolivie. Siège du gouvernement national, elle est souvent considérée comme la capitale administrative de facto de la Bolivie. Fondée le 20 octobre 1548 par le capitaine Alonso de Mendoza sous le nom de Ciudad de Nuestra Señora de La Paz (La Ville de Notre Dame de la Paix), la ville a prospéré grâce à sa situation stratégique sur les routes commerciales coloniales. Suite à la guerre d’indépendance (1809 – 1825) la ville changea de nom pour devenir La Paz de Ayacucho en hommage à la victoire d’Ayacucho. La Paz devient le siège du gouvernement bolivien en 1898.
La ville de La Paz s’est développée dans la vallée de Chuquiago Marka entourée par les montagnes Huayna Potosí (6094 m) et Nevado Illimani (6460 m), non loin du lac Titicaca. Elle est située dans le département de La Paz, dans la province de Murillo. Sa topographie atypique en fait la capitale la plus haute du monde.
Pendant l'époque coloniale, La Paz restera longtemps un village paisible, maintenant elle est devenue une grande cité de plus d'un millions d'habitants qui fait coexister les golden boys du centre-ville et les Indiens aymaras des collines.
L'agglomération de La Paz comprend en fait deux villes. El Alto (4000m, environ 500.000 habitants), où se trouve l'aéroport, qui est devenue une gigantesque cité-dortoir de paysans ayant quitté leurs terres.
400 mètres plus bas, La Paz (3600m, 700.000 habitants), avec le centre ville et ses quartiers d'affaires et résidentiels
400 mètres plus bas encore, s'étend la zone sud avec les beaux quartiers de Florida, Achumani, la Rinconada ou Aranjuez.

Visite de la ville :
Les marchés font partie intégrante de la vie quotidienne de La Paz. Le mercado Rodriguez, dans le quartier de San Pedro, est très animé pendant les week-ends.
La calle Belisario Salinas du quartier de Sopocachi compte une dizaine de bars, ce qui fait de ce quartier le rendez-vous des fêtards de La Paz.
D'un point de vu plus culturel, différents musées s'offrent aux visiteurs, parmi lesquels le
Musée national d'Art, installé dans le palais Diez de Medina, datant de 1775 et connu sous le nom de Casa de los Condes de Arana (maison des comtes d'Arana).
Le Musée d'ethnographie et de Folklore est installé dans le palais des marquis de Villaverde, un bel édifice qui date de 1776. Ce musée expose la vie et les coutumes de deux groupes ethniques boliviens, les Chipayas et les Ayoreos.
Le musée national d'Archéologie Tiwanaku possède une collection extrêmement complète de vestiges archéologiques de la période précolombienne : céramiques du nord de La Paz, momies trouvées dans le département d'Oruro, ou encore des crânes trépanés et des crânes allongés et déformés artificiellement.
Le museoTambo Quirquincho est dédiée à la "chola"( la femme de La Paz) ce musée expose des masques de carnavals, des costumes typiques, un grand choix de photos du début de siècle, des cartes anciennes, des objets en argent et des pièces d'art contemporain.
La rue Jaen est le seul endroit de La Paz qui ait conservé son aspect colonial. Ruelles étroites pavées serpentent parmi des maisons coloniales blanches aux balcons saillants dont certaines abritent des musées parmi lesquels :
Le museo de Metales Preciosos qui expose de riches pièces en or et argent de la période précolombienne.
Le museo del Litiral est lui, entièrement consacrée à la guerre de 1879 contre le Chili.
Le museo Casa de Murillo était la maison qui avait été celle de Murillo (le plus important personnage de la guerre de libération). L'ambiance d'origine est reconstituée dans le moindre détail, on y trouve également des objets du folklore boliviens.

Dans les environs de La Paz :
La Vallée de la Lune, cette extraordinaire formation géologique doit son aspect lunaire à l'érosion, plusieurs fois millénaire, par le vent et la pluie.
Le Chacaltaya, à près de 5300 mètres d'altitude, offre une vue d'un rayon de 200 kilomètres à la ronde. La cordillère Royale, le début des Yungas, le lac Titikaka.
Le lac Titikaka est à une heure de La Paz
La cité de Tiwanaku sont les plus célèbres ruines de Bolivie.
Coroico, la route est époustouflante et le village reposant. Un petit coin de paradis dans les Yungas.
Sorata est le plus beau village des Andes boliviennes, au pied de l'Illampu. A partir de là on peut réaliser des excursions hors du commun dont le "chemin de l'or" qui reste le trekking le plus beau de la Bolivie, mais aussi le plus ardu.

Sources : http://www.abc-latina.com/bolivie/la_paz.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Paz_(Bolivie)