Vendredi 1er mars
¡ Hoy me voy a La Paz ! Pero tenemos tiempo. On se lève tard, petit déj’ cool, on prend notre temps pour préparer nos (gros) sacs. A 11h00 nous partons acheter nos tickets de bus à Manco Capac. Repas de poissons du Titicaca, refresco. Le change est passé à 130 000/$. On embarque à nouveau dans un antique bus qui fait le tour du village en brinqueballant, au ralenti. On est tous les trois serrés sur une banquette. Le bus prend la piste. Le bord du lac nous offre quelques magnifiques points de vue. Presque deux heures pour traverser la presqu’île de Copacabana. Puis un bac. Le bus monte, nous on embarque dans une barque, on traverse de notre côté. A l’arrivée, on nous propose des bananes… 2 pour 600, 3 pour 1000 ! Bon, on en achète deux chacun…Tout le monde grimpe à bord et le bus redémarre. La route devient asphaltée. Un dernier regard sur le lac et nous retrouvons l’altiplano pour encore 2h de route. Le paysage est austère, la même succession de hameaux et de troupeaux. Seuls les sommets enneigés, majestueusement plantés au loin diffèrent. Puis les hameaux deviennent villages, bourgs, banlieue… A 4000m d’altitude, nous arrivons à La Paz par le dessus, les quartiers indiens, les plus pauvres. Ici, les riches habitent en bas, là où il fait plus doux, où l’oxygène est plus dense… Nous apercevons les buildings du quartier des affaires en contrebas, la ville s’étend dans une vallée et sur les flancs jusqu’au plateau. Le bus descend par une vallée encaissée, puis s’arrête… devant un cimetière. Tout le monde descend. On descend encore, à pieds vers le centre de la ville haute et nous descendons… à l’Alojamiento Iliampu, le premier hôtel correct dans nos prix. Mais, bon, pas génial, on prend une chambre pour trois, on verra demain. Le soir nous partons au comedor popular du marché indien. On y mange un bon poisson (et oui, encore) très bon marché et de la soupe (popular…). La balade nocturne au centre-ville s’avère plus sympa qu’à Lima, la ville dégage une atmosphère plus sûre, moins stressée, mais toujours aussi bruyante et colorée. Ici aussi une multitude de vendeurs à la sauvette proposent la cigarette à l’unité, des gâteaux secs, du cirage et des fausses antiquités. On en profite pour chercher un autre hôtel pour demain. Les prix baissent, Nous choisissons l’Austria. ¡ Hasta maňana !
Samedi 2 mars
Après un lever matinal, nous allons directement réserver notre chambre à l’Austria. Ouf ! il y a des places ! Une chambre matrimoniale en plus (avec un lit à deux places), le luxe ! Petit déjeuner au comedor puis on part chercher nos sacs, on s’installe, et voilà la matinée de passée… Repas de midi au comedor popular (riz, salade, banane, œuf, saucisse, viande… basique mais complet…). Petit tour en ville, on passe par la gare voir les tarifs de train, vraiment pas chers, mais l’avenir va nous montrer qu’il ne faut pas être pressé en Bolivie. Le soir on se sépare, Vincent préfère un ciné, Véro et moi une peňa, la peňa « Naïta ». Pisco compris dans l’entrée. La salle est à moitié vide et à moitié pleine par un groupe de touristes israéliens plutôt bruyants. A 22h la salle commence à être bien remplie et animée. ¡ Arriba la Musica ! D’abors un groupe traditionnel aymara avec seulement des instruments à vent et tambours et des danseurs. C’est de la « native music », d’abord plus difficile pour nos oreilles occidentales, timbres dissonants et mélodies répétitives, intéressant mais pas trop longtemps. Vient ensuite un groupe de musique « criolla » mélangeant les flûtes et les tambours traditionnels aux guitares et charengos d’influence hispanique. Les chants sont plus mélodiques. Ensuite à nouveau des danseurs aymaras, puis un « maestro de charengo » nous montre sa dextérité… enfin des musiciens et danseurs afro-boliviens (descendant des esclaves venus travailler dans les plantations des Yungas en descendant vers l’oriente amazonien). Super-spectacle, je pense assez représentatif des musiques boliviennes. On rentre à 1h15 du mat’, avec le voyage de la veille dans les pattes, au lit et vite !…
Dimanche 3 mars
… Et la gastro toute la nuit, malade comme un chien. Je reste au lit toute la journée, ¡ Viva la turista ! Jeûne et dodo, les deux mamelles de la gastro… Le soir ça va déjà beaucoup mieux.
Lundi 4 mars
Ce matin, j’arrive à me lever… ouf, ça va beaucoup mieux. Nous partons à la recherche des ambassades, pour des demandes de visas. Nous projetons un petit passage au Chili par le train qui descend de l’altiplano bolivien jusqu’à Antafagasto, sur la côte chilienne. Nous avons du mal à trouver l’ambassade. Les adresses données par nos guides se révèlent fausses. Nous sommes dans les quartiers bas de La Paz. Buildings à l’Américaine, boutiques à l’européenne, les rues bien entretenues, les passants plutôt clairs de peau, le contraste avec les quartiers hauts, typiquement andains nous saute aux yeux. Nous finissons par trouver la maison aux armoiries chiliennes. Ambiance particulière et glaciale sous le portrait de Pinochet. Nous effleurons la réalité de la dictature rien qu’en mettant les pieds dans cette bâtisse. La bureaucratie va avec. Rien à faire pour prolonger les visas que nous avons fait faire en France et qui sont à date fixe, non pas de trois mois après l’entrée dans le pays. Il faut tout refaire et payer à nouveau. On décide de laisser tomber le train de la Bolivie, nous essaierons à nouveau en Argentine. L’ambassade du Brésil, juste à côté est fermée jusqu’à 14h ! Ce sera notre journée ambassades… On s’achète deux bananes et un yaourt dans une petite échoppe, ce sera notre déjeuner. D’un seul coup, la rue se remplit d’enfants en uniforme, la plupart bien blonds et blancs. L’école reprend. Nous passons devant une pâtisserie typiquement à l’allemande, un « delicatessen », c’est le quartier des immigrés allemands, descendants aussi bien de ceux qui sont parti suite à la récession économique de 1929, que de ceux qui on fui le régime nazi dans les années 30, que des nazis eux-mêmes, réfugiés à la fin de la seconde guerre mondiale (dont un certain Klaus Barbie). Après notre frugal pique-nique dans un joli petit jardin public avec vu sur les beaux quartiers, nous retournons faire le pied de grue. A 14h, les portes de l’ambassade du Brésil s’ouvrent… et là, non, nous ne sommes pas accueillis par un air de samba, mais par l’annonce que les visas ne sont plus nécessaires pour entrer au Brésil. Nous serons accueillis dans une jeune démocratie, ouverte aux visiteurs… toudo bem ! Nous remontons à pied vers notre quartier coloré. Nous croisons une imposante manifestation de mineurs. Ils portent leurs casques, et crient, s’aidant de sifflets et de pétards. Ils sont très nombreux et les forces de police se déploient, en tenue militaire, avec casques et boucliers… Ca s’annonce tendu, on ne va pas s’attarder… Je change, j’achète une pellicule et nous remontons à l’hôtel car la manif commence à dégénérer. Nous commençons à entendre des détonations et des explosions de grenades anti-émeutes. Nous attendons que ça se passe en discutant et en bouquinant, puis nous tentons une sortie pour aller dîner. Tout est bouclé au centre-ville… les restaurants sont fermés. Nous remontons au marché indien et nous trouvons deux hot-dogs… Ca le fera pour ce soir.