Monday, January 16, 2006

Carnets d'amsud Huaraz 1

Huaraz (Pérou Cordillère blanche)
Lundi 28 janvier
Après un lever à 7h00 et la traversée d’une partie de Lima à pieds, les gros sacs sur le dos, ouf, nous voici dans la salle d’attente de la compagnie des « transportes Rodriguez ». On part à l’heure (et oui, c’est possible !). nous traversons tout Lima et ses faubourgs interminables puis les bidonvilles construits en plein désert. Nous rejoignons la voie mythique asphaltée qui relie l’Alaska à la Terre de feu : la panamericana. Check point, le premier d’une longue série. Le bus longe à bonne vitesse la côte franchement désertique parfois lugubre et grise, parfois entrecoupée d’oasis (un rio descend de la sierra) ou de dunes immenses. Quelques villages de tôles et de poussières. 200 km comme ça… Après un arrêt « comida », la route quitte la côte et commence sérieusement à grimper. On s’enfonce dans une « quebrada » une gorge, et on monte, on monte, on monte jusqu’à 3500 m. La température baisse, le paysage reste austère, aride, désolé. On ne croise pas grand monde à part des camions, quelques collectivos et quelques gardiens de moutons et de chèvres. Enfin nous passons un col, l’horizon s’élargit, c’est l’altiplano. Au loin se profilent des sommets enneigés : la Cordillera blanca. Un immense « alpage » d’herbe rase et verte s’étend à l’infini, tacheté du blanc des moutons. Après un long trajet sur le plateau, nous redescendons une vallée qui nous mène à Huaraz où nous arrivons vers 17h30. Petite ville sans charme particulier mais entouré de sommets prestigieux dont au loin le Huascaran qui culmine à 6800m ! A la sortie du bus, sous une petite pluie fine, trois ou quatre personnes nous attendent pour nous proposer tous la meilleure pension. Nous choisissons celle de la señora Lopez, dont le fils nous accompagne. Il s’agit en fait d’une jolie ferme, à l’écart de la ville, très calme. Nos hôtes sont très sympas. Il y a un élevage de coqs de combat (mais ce n’est pas la saison) et de cuycuy… Après un petit tour en ville et une escalope à la milanaise… nous rentrons en grelottant nous mettre sous la couette…

Mardi 29 janvier
La nuit est bien fraîche à 3000m d’altitude ! nous déjeunons copieusement en profitant des premiers rayons de soleil matinaux qui nous réchauffent. Nous y rencontrons trois autres Français. Deux sont sympas (un gars et une fille), mais le troisième nous agace, il nous paraît bien prétentieux et dans la plainte… il y aurait des puces dans les lits… bon, nous on aime ce calme et la gentillesse de nos hôtes. Après une matinée tranquille, nous partons nous balader au dessus d’Huaraz vers un point de vue « El mirador ». Dès le début, de gros nuages s’amoncellent au loin. L’orage s’approche, nous décidons de continuer quand même. Quelques coups de tonnerre scandent notre marche. Nous avons un peu de mal à trouver l’entrée du chemin, en fait le cimetière. Nous demandons notre route. Le chemin monte doucement. Nous rencontrons une dame et une petite fille qui jettent des pierres sur le sentier. « ¿ que passa ? » « serpiente ! ». Nous nous approchons, le serpent est mort. La dame nous explique que ce serpent est mortel ! Bon, on fera attention, après tout il y a des vipères aussi chez nous… Dans la montée nous saluons un petit berger quechua avec son troupeau de moutons. Arrivés au sommet marqué par une croix, nous nous asseyons un peu. Il ne pleut pas, mais un ciel très chargé nous empêche de profiter du panorama sur les sommets. Par contre, la vue est belle sur la cité et les contreforts de la Cordillère blanche. Il fait bien froid, l’orage s’est éloigné mais le vent souffle. Nous redescendons, content de notre mise en jambe malgré tout. Nous allons dîner avec nos compatriotes en ville dans un restau sympa le « oh que rico ».

Mercredi 30 janvier
Matin grass’ mat’ lessive et cartes postales, légère « turista » pour moi… le temps de l’acclimatation… l’après-midi nous partons faire des courses. Demain nous partons en randonnée vers Pitec. Lait concentré, flocons d’avoine, spaghettis, sauce tomate, sel, avocats, citrons, thé, chocolat en poudre, nous voilà bien chargés. Après nos petites emplettes, retour au « oh que rico »… Fini la turista, je m’offre un steak « empanado » superbe et Véro du riz « a la cubana » (avec œuf et banane). Nous sympathisons avec le fils du patron avec qui nous avons discuté un moment. Véro, gourmande s’offre un pancake au miel avant notre retour à la fraîche à la pension Lopez.

Jeudi 31 janvier
Debout là-dedans… Départ aux aurores… à 10h00 ! sacs au dos, le temps est couvert et frais. Nous traversons le marché puis nous logeons le rio Quilcay. Le chemin s’élève. De nombreuses cholitas quechuas nous accompagnent, revenant du marché, légumes, riz, poulets et bambins dans le poncho sur le dos. Nous montons lentement. Tout le long des hameaux, d’abord Unchu puis Llupa. Nous nous arrêtons pour déjeuner à la sortie de Llupa. Nous avons marché 8 km, et seulement 300 m de dénivelée. Il reste 4 km ½ et 500 m de dénivelée jusqu’à Pitec. Le chemin est très fréquenté et nous croisons tous le long des gamins qui nous interpellent « gringos ! por favor, caramelos » ou « regala me platas ». Les maisons se font plus rares, le chemin grimpe de plus en plus. On n’en voit plus la fin. Nous arrivons à un col, quelques huttes. Je demande à un enfant, c’est là, nous sommes à Pitec. Nous croisons alors un homme qui travaille pour le parc du Huascaran. Il est en train de replanter des plantes rares et protégées. Il nous renseigne sur un endroit sympa pour planter la tente, à l’entrée de la Quebrada Quilcayhuanca, à 40 mn de marche. Nous mettons une bonne heure pour y arriver, dans un décor de montagne de plus en plus austère, nous sommes à presque 4000 m d’altitude ! Il n’y a plus d’arbres, nous sommes à l’étage… andin. Une belle pelouse dans une vallée de plus en plus étroite, entourée de hautes falaises. Des troupeaux partout, en liberté, moutons, vaches, quelques ânes. Nous arrivons à un portail, fermé (l’entrée du parc ?). A côté, quelques huttes qui ont l’air abandonnées. Nous décidons de nous installer à l’abri du vent, derrière les cabanes. Je prépare le dîner, l’eau bout mal à cette altitude, les spaguettis sont plutôt pâteuses… Le pas d’un cheval, un homme, deux enfants. Nous nous saluons. Il nous apprend qu’il est un garde du parc. Mauvaise surprise, il faut payer pour y entrer (5 $ aargh !). Plus sympa, il nous ouvre une hutte et nous invite à y dormir pour éviter la pluie qui menace. On s’y installe. Plus tard, alors qu’on prend le thé, notre garde revient pour passer la nuit. Nous négocions l’entrée à 6000 soles. On parle et au détour de la conversation il nous demande le prix de nos chaussures, de nos sacs à dos, et si nous sommes venus seuls à Huaraz… Bon, il part se coucher en insistant sur le fait qu’on peut dormir tranquille… Rien de tel pour inquiéter Véro et lui faire passer une mauvaise nuit… Et oui, on est bien seuls là-haut…
Vendredi 1er février
Nous avons passé une nuit un peu agitée, avec la visite d’une jolie souris… Le garde est parti à 6h00. Un autre garde arrive pendant que nous « petit déjeunons » et nous offre du sucre pour notre porridge. Il a l’air très sympa mais son espagnol nous est incompréhensible. Le temps est très maussade. Nous décidons de ne pas monter la quebrada, c’est très long et le temps est trop incertain. Nous irons au lac Churup. Nous commençons la montée. D’autres planteurs du parc nous indiquent le bon chemin. Au fur et à mesure que nous montons, la pluie s’accentue, les nuages descendent. Nous finissons par renoncer, dans le brouillard et sous la pluie. Il vaut mieux renoncer, de toute façon nous ne verrions rien là-haut. Nous redescendons. Nous rencontrons une femme qui nous interpelle en nous montrant son enfant. Nous ne comprenons que trop bien : elle propose de nous le vendre ! C’est le cœur serré que nous déclinons l’offre. Une bouche de plus à nourrir, l’extrême pauvreté, la rudesse du climat, trop peu de légumes qui poussent à cette hauteur… Le môme est magnifique, les joues rondes et rougies par l’afflux de globules rouges, de grands yeux noirs un peu bridés… Bueno, vamonos ! Nous descendons le plus vite possible, il pleut, il fait froid. A 4 km de Huaraz, un 4X4 s’arrête, c’est notre planteur d’hier. Il nous embarque et nous descend en ville. « Muchas gracias y hasta luego ! ». On est gelé et nous apprécions la douche chaude de la pension Lopez. « Estamos mucho cansados, buenas noches y hasta maňana ».

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