Saturday, July 03, 2010

Cordoba (Argentine)

Lundi 22 avril
Nous sommes réveillés brusquement à 3h… le bus est en panne !… il faut descendre… nous qui pensions être à l’abri de ce genre de mésaventure dans ce beau bus, sur cette belle route… la mala suerta bolivienne des transports nous poursuit. A quelle divinité des chemins de l’altiplano avons-nous déplu ? Bon, ici au moins un autre bus nous attend au bord de la route, il n’y a qu’à se transborder d’un pullman à l’autre, un peu moins confortable. Nous nous rendormons tant bien que mal calés sur nos sièges toujours trop étroits pour la nuit. A 7h, nouvel arrêt, por el desayuno… Il pleut, le petit déjeuner est compris dans le prix dans un restaurant de bord de route… Nous apprécions. Nous roulons la moitié de la matinée sous la pluie, dans un paysage de plus en plus vert et campagnard ; le chauffeur nous passe des dessins animés, jusqu’à notre arrivée, à 10h30 à Cordoba, la deuxième ville de l’Argentine. Le terminal est loin du centre, nous laissons nos sacs à la consigne et cherchons un hôtel à mi chemin entre le centre et le terminal, sous les conseils éclairés de notre « handbook ». Nous finissons par atterrir au « Soledad » (tout un programme…), pas cher et plutôt confortable. Nous avons pour la première fois un confort digne des hôtels européens, avec serviettes et petits savons dans la salle de bain. Nous partons faire un tour en ville et cherchons à changer dans les casas de cambio. Toutes refusent, c’est un peu la crise en Argentine et aucune ne veut changer des dollars aujourd’hui… les traveler’s, n’en parlons pas… Notre séjour en argentine risque vraiment d’être écourté si cela continue comme cela. Bon, on prend notre mal en patience, on se balade, on se perd dans les rues piétonnes, on voit un grand type qui passe devant nous… C’est Fréderic, celui que nous avions rencontré à Huaraz, le berger des alpages… On va boire un café ensemble. Il loge depuis un moment chez une « amie » de Cordoba qu’il a rencontrée. Il essaie de faire un peu de business, de revendre « cher » aux Argentins des tapis péruviens. Il repart demain pour la Bolivie et Lima. On se donne rendez-vous pour le soir chez sa copine. Entre temps nous retournons au terminal récupérer nos sacs et nous renseigner pour Mendoza une station en plein cœur des Andes centrales argentines. Le type de l’agence promet d’essayer de nous aider à changer des traveler’s jeudi… on verra bien. J’essaie de vendre mon deuxième appareil photo, le « baroudeur », dont on se sert très peu en fait pour nous faire du liquide… en vain. Un photographe à qui je me suis adressé me signale une agence de voyage qui change. Et ça marche ! Le patron, très sympa nous offre un assez bon taux. Il est aussi marchand d’oiseaux, mais il ne possède pas actuellement de perroquets, il paraît que ce n’est pas la saison pour les jeunes. Un petit tour à l’hôtel, une douche et nous voilà devant chez Christina. Un immeuble bourgeois. Le gardien nous refuse d’entrer, nous dit qu’elle n’est pas là, que nous devons partir, ne nous laisse même pas sonner. Nous attendons 5mn et… ils arrivent tous les deux. Nous montons ensemble. Christina est charmante et nous reçoit avec un bon dîner. Le vin, le dulce de leche et la musique finissent de nous charmer. Nous apprenons ici la coutume locale du « maté de hierba », tisane d’herbes digestives de la pampa, servie bouillante dans une petite calebasse et que chacun boit à tour de rôle à travers une tige de métal terminée par un filtre. Nous discutons et partons à 1h passée. Les rues sont désertes, je me repère tans bien que mal pour retrouver l’hôtel. On se rend compte qu’un type nous suit, Véronique commence à flipper, moi je n’en mène pas bien large non plus. Au détour d’une rue on se met à courir… et nous arrivons à l’hôtel… Ouf ! Plus qu’à nous affaler sur le lit…

Mardi 23 avril
Nous retrouvons Fréderic à la poste. J’envoie un petit colis de pellicules à développer en France par avion. Par contre, le gros colis pose à nouveau problème… il nous faut un certificat de désinfection pour le linge usagé qu’on veut renvoyer. Nous allons à l’adresse indiquée (à l’autre bout de la ville…). Un type regarde le colis, met un coup de tampon sur un papier, mais il faudra revenir demain à la poste (air connu…). Après, quelques courses dans un supermercado, balade et shopping dans les rues piétonnes, la journée se passe tranquillement…

Mercredi 24 avril

Nous fêtons nos trois mois sur le nouveau continent ! Notre paquet part sans plus de problèmes à la poste. Aujourd’hui aussi, nous flânons dans une grande ville aux airs mi-européens (population latine), mi américains (les artères et rues tracées au cordeau, à angle droit). Nous cherchons un marchand d’oiseaux, à l’affût d’un perroquet. L’idée à germée dans nos têtes (surtout la mienne depuis Rosa), mais ici pas d’oiseleur, nous attendrons le Brésil sans doute. Véronique, qui en a bien besoin, cherche, elle, un pantalon, mais c’est trop cher dans cette ville. Peut-être à Buenos aires. Le soir, pour fêter nos trois mois de voyage, nous allons manger une parrillada (assortiment de viandes et d’abats cuits sur un brasero qu’on nous apporte directement sur la table). Copieux et excellent. Promenade digestive et pas plus…

Jeudi 25 avril

Nous nous renseignons au terminal de bus pour une excursion dans la sierra au nord de Cordoba. Ce sera samedi. Nous assistons à la sortie des étudiants et des écoliers, tous en uniforme. Nous nous contentons de gnocchis ce soir.

Vendredi 26 avril

Aujourd’hui encore, nous rechargeons les accus. Une journée « farniente » de plus… Le téléphone public n’est pas trop cher, nous pourrons essayer d’appeler en France nos parents. Nous trouvons une agence qui accepte des traveler’s. Le soir, cinéma avec « killing fields », un film sur la guerre du Cambodge (« La déchirure » en VF…). Pas gai, mais très beau, toujours en VO, sous-titré en espagnol. La soirée se finit par une boîte de dulce de leche dégustée dans la chambre…

Samedi 27 avril
Debout aux aurores, pan y dulce de leche vite avalés, nous avons rendez-vous à 7h30 pour notre excursion touristique. Le chauffeur arrive à 8h, nous embarquons, seuls Européens, entourés de touristes argentins. Une vingtaine de personnes dans un petit car. Dès que nous sortons de la ville, le chauffeur fait des commentaires au micro. Ça nous change des transports habituels ? Je me croirais revenu dans les excursions pour les groupes du troisième âge que j’organisais pour la Maison de vacances pour laquelle j’étais animateur à Chamonix. Sauf que là, c’est moi le touriste… Nous roulons sur de bonnes routes goudronnées et abordons la sierra de Cordoba, petits contreforts des Andes, légère avancée vers l’est dans la pampa. C’est vert mais peu boisé, genre Alpes du sud. Le grand ciel bleu du matin se voile peu à peu. Nous traversons différentes localités touristiques, désertes à cette époque. Nous sommes totalement hors-saison, en automne austral, l’équivalent du mois d’octobre en France. Nous longeons des paysages bucoliques, une jolie rivière bordée de saules, le barrage et le lac de San Roque, Cosquin, La Falda, Cruz Chica. Nous sommes déçus par des paysages qui, mais on aurait dû s’en douter, sont loin de la splendeur des Andes péruviennes ou boliviennes. La balade a un petit air suranné. Comme de visiter ces vieilles stations balnéaires anciennement chics, mais un peu démodées. Cette région sert visiblement de villégiature aux bourgeois argentins de Cordoba ou de Buenos Aires. Nous avons droit à la visite d’un musée de minéraux (sympa, belles pierres), d’un parc d’attraction kitschissime, Los Cocos, avec labyrinthe, musée romain et colonial, patios espagnols et statues romantiques… Nous prenons le parti du second degré et d’en rire plutôt que de râler et critiquer… On trouve quand même un pot de bon miel, bon marché pour nos petits déjeuners. Puis arrêt déjeuner à La Capilla del Monte où on mange bien (c’est toujours ça), les empanadas (autre spécialité locale : des chaussons garnis de viande, de poulet, de maïs et autres légumes…) sont délicieux. Nous visitons des rochers érodés qui seraient magnifiques s’ils n’étaient couverts de graffitis (« Zapato Rock ! », « te quiero Alicia » etc.). Nous attendons un bon moment en compagnie d’un gentil petit âne. Puis reprenons le bus (sieste) jusqu’à Carlos Paz, une ville station balnéaire au bord du las San Roque. Il y a un grand nombre de théâtres, un immense coucou suisse sur une place et un télésiège que tous les autres prennent pour la vue sur le lac. Nous on préfère marcher sur la colline d’en face (chemin de croix) qui nous propose, j’en suis sûr une toute aussi belle vue… Il y a des voiliers et même une planche à voile sur le lac. Le vent se lève, les nuages s’accumulent, il fait très frais. Nous redescendons acheter des « alfajores », petits gâteaux locaux, genre pain d’épice, fourrés au chocolat, fruits et dulce de leche. Retour par une autoroute à Cordoba. Nous passons devant des casernes et même une usine d’avions militaires estampillée « Dassault », ces avions français qui ont bombardés avec des missiles français la flotte anglaise pendant la guerre des Malouines !... Rentrés à l’hôtel, nous décidons de ne pas passer trop de temps dans cette région et de tenter peut-être d’aller directement en Patagonie, où nous devrions retrouver un environnement plus dépaysant. On verra demain…

Dimanche 28 avril

Après un petit déjeuner gourmand avec miel, alfajores, dulce de leche…, nous allons à Entel téléphoner à nos parents. Pas de problèmes pour la communication, les nouvelles sont bonnes, tout le monde va bien, nous sommes content d’entendre des voix de chez nous. Les parents de Véronique viendront sans doute nous rejoindre à la fin de notre périple, en Martinique. Quant aux amis de Véronique, Sylvie et Eric, ils confirment qu’ils viennent à Rio, pour le 15 juin. Rendez-vous est pris, nous devons y être à cette échéance. D’ici là, la libertad pour notre itinéraire en Argentine. Aucun courrier ne nous a été posté à Mendoza. Nous décidons de faire l’impasse sur cette station du centre des Andes argentines et de descendre plus au sud voir l’automne à San Carlos de Bariloche, Patagonie. Aussitôt décidés, aussitôt au terminal de bus pour réserver nos places. Départ demain à 12h30. L’après-midi nous nous promenons le long de la Caňata, joli canal bordé de grands arbres et traversé de ponts de pierres, qui traverse la cité de part en part. Nous allons jusqu’au Paleo del Arte où se tient un marché de l’artisanat tous les weekends. Les vendeurs commencent juste à installer leurs échoppes. Véronique trouve un pantalon de toile bleu sympa et pas cher. Elle va pouvoir remplacer le sien, usé jusqu’à la trame. Elle va l’essayer… chez les gens qui habitent à côté. Un vieux monsieur se tient là avec des chats et des chiens aux noms étranges à qui il déclare apprendre le latin. Véronique achète une ceinture en cuir puis un ocarina en céramique de style précolombien. Il n’a pas l’air de jouer très juste… Quelques friandises et un coca avant de rentrer. Un bon steak et quelques alfajores avant de se coucher…

Lundi 29 avril

Préparatifs, sacs, adieu le pantalon usé, payer l’hôtel, changer 100$, la routine… Véronique nous achète des mille feuilles dans une pâtisserie. A midi nous sommes devant le bus pour la Patagonie ! Il est beau et flambant neuf ! Nous partons à peu près à l’heure, heureux présage ? Pas d’hôtesse, pas de télé, pas de service à bord, ça va être long, mais si on ne tombe pas en panne, c’est l’essentiel. Un paysage de cultures sur fond de montagnes lointaines défile derrière la vitre. Nous traversons au début beaucoup d’agglomérations, quelques villes assez grandes, puis les habitations se font plus rares. Nous arrivons dans la pampa, immense, plate, des plantations, des champs, puis des prairies à perte de vue sur des centaines de kilomètres. A 21h nous faisons une halte à Santa Rosa. Gros et bon (et cher !) steak de la pampa au menu. Dodo dès repartis…

Saturday, May 15, 2010

Argentine

Mardi 16 avril
Quelques arrêts dans la nuit nous font à peine ouvrir un œil. Au petit matin il fait très froid. Arrivée à Villazon, ville frontière, au lever du jour. Du terminal de bus à la frontière il n’y a que quelques minutes à pieds. ¡ Adios Bolivia ! ¡ Buenas dias Argentina ! Nous décidons de passer tout de suite la frontière. Un tampon de sortie au poste bolivien, un visa d’entrée sur nos passeports côté argentin et le tour est joué, nous sommes à La Quiaca. La rue principale est une large voie goudronnée, dans les boutiques il y a du pain ! et des produits européens. Nous changeons un peu d’argent : ici un dollar vaux 460 pesos. Nous prenons un ticket de bus pour Salta. Puis un petit déjeuner à l’européenne… un régal : du vrai café du pain beurré, de la confiture. Nous nous promenons un peu dans le village qui n’offre pas de véritable attrait. Les cholitas boliviennes viennent se ravitailler de ce côté d’abondance… pain, farine, beurre, viande. Côté bolivien, surtout depuis la grève il manque de tout. A 10h on se dirige tranquillement vers le terminal de bus. On est en avance… croit-on, car le bus est là, une file de gens commencent à y monter. On se renseigne… ce coin d’Argentine a 1 heure d’avance sur la Bolivie… il est en fait 11h, le bus doit partir ! Ouf, cette fois c’est nous qui avons failli rater le coche ! Enfin tout va bien, le bus attend que tout le monde soit à bord. C’est un grand bus comme chez nous aussi, avec même une jolie hôtesse pour nous placer. Il fait un grand ciel bleu sur les Andes argentines. Le bus démarre sur la belle route goudronnée, mais celle-ci fait vite place à la classique piste poussiéreuse. Le temps d’apercevoir un grand panneau représentant les îles Malouines où est inscrit « las Malvinas son argentinas » en grands caractères. La guerre contre l’Angleterre c’était il y a 3 ans, la rancœur de la défaite à l’air encore bien vive, les Anglais sont toujours interdits de visas… Le paysage est magnifique, la piste globalement descend de l’Altiplano à travers des vallées et des plateaux de plus en plus arides. Les lamas et les Indiens circulent toujours au bord de la route, mais c’est bien la région andine que nous quittons aujourd’hui, celle des Incas. Plus au sud, la population est plus « créole », plus européenne. Nous somnolons lorsque nous sommes stoppés à un check-point de la douane argentine. Et là, ça ne plaisante pas. Tout le monde descend, les sacs sont déchargés des soutes et c’est la fouille complète, des personnes, des bagages et du car. Ils cherchent manifestement de la cocaïne. Ça nous prend une bonne heure, puis on repart, les douaniers sont bredouilles et nous regardent partir derrière leurs ray-bans et leur 4X4. Nous roulons à vive allure sur la piste, la vallée s’élargit… et le pare-brise explose ! Le chauffeur a les mains tailladées… l’hôtesse s’improvise infirmière, soigne les plaies. On peut repartir, on peut se passer de pare-brise, au bout de quelques kms nous retrouvons une bonne route goudronnée. Heureusement il ne fait pas froid, soleil et altitude aidant… Le chauffeur s’abrite derrière ses lunettes de soleil et roule à vive allure. Le paysage change, du décor andain à celui d’un film mexicain, avec cactus géants, arbres épineux, terre ocre et rouge. Nous passons le tropique du capricorne pour la première fois. Nous descendons de plus en plus dans l’Hémisphère sud, jusqu’en Patagonie espérons-nous… En fin d’après midi nous arrivons à Jujuy, première grande ville depuis la frontière. Un arrêt bref et la route continue jusqu’à Salta. Nous sommes trop fatigués pour nous attarder sur le paysage. La nuit tombe. Nous arrivons à Salta à 20h30. La ville est grande, nos sacs sont lourds et nous sommes fourbus. Les arrivées le soir sont toujours un peu stressantes. Il faut trouver rapidement un hôtel. Nous avons toujours une petite liste glanée sur le guide du routard en Bolivie et au Pérou, mais maintenant nous sommes en Argentine. Il nous faut utiliser la bible du routard anglo-saxon, le « South American Handbook », que j’ai trouvé à Genève avant de partir. Gros et encombrant, mais des adresses sur tout le continent. Il va nous servir tout le reste de notre périple à travers l’Argentine et le Brésil. Bon, là ça va, nous trouvons un petit hôtel dans nos prix au bout de la rue piétonne. 2500 pesos la nuit, soit moins de 6 dollars… Nous sommes couverts de poussières (sans pare-brise…). Une bonne douche, un bon steak et adios…

Salta (Argentine)

Mercredi 17 avril

Après une bonne grasse matinée, nous partons explorer la ville, plutôt européenne et d’aspect bien plus riche que tout ce que nous avons vu dans les pays andains. Il y a des jolis parcs bien entretenus, les rues sont propres, nous traversons une rue piétonne pleine de boutiques en tout genre. C’est la profusion, attention au budget ! Ici le change se fait dans des « casa de cambio » officielles. Peu acceptent les traveler’s chèques ce qui ne nous arrange pas. Notre provision de dollars n’est pas énorme et il va falloir tenir…, la vie est bien plus chère ici qu’au Pérou ou en Bolivie, bien que bien moins encore qu’en France. Bon, on arrive quand même à changer des traveler’s puis nous faisons des courses dans un petit supermarché. L’après-midi nous faisons le tour des photographes pour trouver à réparer notre canon. Le matériel photo est hors de prix. On trouve un type qui répare pour 55$. C’est cher mais il sera prêt demain. Nous nous renseignons aussi pour les balades dans le coin. C’est plutôt cher (tours organisés), il n’y a pas de transports en commun ordinaire qui vont au Parc forestier El Rey, ou à Calafayate. Il va falloir restreindre nos choix et faire une belle visite par région traversée… En attendant, une pizza (très bonne, la communauté d’origine italienne est importante en Argentine…), et au lit.

Jeudi 18 avril
Le temps est gris, il bruine. Nous passons la journée à faire des allers retours chez le photographe qui n’a jamais fini… Nous visitons le marché artisanal à la sortie de la ville… Là, c’est bien moins beau et bien plus cher qu’au Pérou et en Bolivie… mais le marché lui-même est sympa, dans une belle bâtisse. Au soir, le canon est enfin prêt, réparé, nettoyé, comme neuf, visiblement du bon travail. Et il marche ! le diaphragme se ferme à nouveau correctement. Au dîner un ragoût au maïs, arrosé de vin argentin. J’achète une BD de Mafalda en VO. Super pour apprendre les expressions locales.

Vendredi 19 avril

C’est la galère ! Pas pour les transports, pour le fric ! Personne ne veut de nos traveler’s cheques ! De ce fait, nous n’avons que très peu de moyens… Adieu les visites de sites naturels et les restaurants sympas. Il va falloir se serrer la ceinture et surtout partir de Salta en espérant que dans les autres villes la situation soit meilleure… On va essayer Cordoba, la deuxième ville d’Argentine, si on ne peut pas changer là-bas, il ne nous restera plus qu’à quitter le pays au plus vite pour le Brésil. Bon, on n’en est pas encore là. Je change quelques dollars pour le quotidien et pour acheter nos tickets de bus. Nous voulons encore expédier un colis mais la douane est fermée jusqu’à lundi. Je m’achète quand même un petit sac en cuir pour mieux protéger le matériel photo. Dans ce pays d’élevage, le cuir n’est pas cher du tout. Le reste de la journée se passe à se balader en ville sous un temps maussade…

Samedi 20 avril

Promenade, achat des billets de bus pour Cordoba, Mafalda nous fait rire et nous remonte le moral…

Dimanche 21 avril

Il faut à nouveau faire les sacs… Nous devons quitter la chambre. Nous laissons nos gros sacs à la consigne du terminal de bus. Nous partons le soir pour rouler la nuit (économie d’une chambre d’hôtel…). Au terminal un gros type nous aborde. Il va à Tucuman demain en voiture et propose de nous y amener. Il a l’air sympa et on décide d’accepter. On discute un moment, c’est un Italien, patron de transport routier, il est très volubile et cherche manifestement des compagnons de route pour lui faire (ou plutôt écouter) la conversation sur la route. Il propose qu’on loge dans la pension qui l’héberge pour la nuit. Il nous parle de l’Argentine et nous vante San Carlos de Bariloche en Patagonie. Il faut absolument y aller… Nous retournons au guichet pour nous faire rembourser… et là, désillusion, ils gardent 30% du prix du billet. Nous préférons décliner l’invitation du monsieur… Nous le quittons à regret. La journée se passe en balade. Nous visitons le musée des beaux arts, situé dans une vieille maison coloniale, avec trois patios, magnifique. Le soir venu, nous nous asseyons dans le parc du musée pour un pique-nique sur fond de musique rock (c’est la remise des prix de l’école des beaux arts). Nous repartons au terminal prendre notre bus. Il faut payer un petit supplément pour nos sacs trop lourds… On embarque dans un superbe bus, avec tout le confort, hôtesse, caramelos, boissons et même un petit repas froid. Nous roulons sur une excellente route goudronnée. De quoi s’endormir très vite…

Tuesday, May 04, 2010

Retour à Potosi

Jeudi 11
Debout à 5h, petit déj’ rapide, fin des sacs, on part à 6h, nous marchons dans des rues désertes. A la gare, miracle ! le train est là ! J’ai réservé deux places dans le wagon n° 1458. Nous parcourons tout le train dans un sens puis dans l’autre, pas de wagon 1458… Je me renseigne, les réponses sont vagues, peut-être qu’il va être accroché en queue de train… Le train est sur le point de partir… à l’heure et nous sommes sur le quai. Un contrôleur finit par nous dire que le wagon est resté en rade à Potosi. On saute dans la première voiture, bondée évidemment… Et là je m’énerve, j’engueule ceux qui rigolent… on finit bon an mal an par s’installer sur des couvertures posées sur des casiers à bouteilles au fond à côté de la cuisine. Le serveur nous demande de partir et là on refuse… ambiance ! On s’accroche à notre inconfortable place, le train démarre… Véronique prend son sac « bolsa », il est coupé au rasoir sur trente centimètres… dans la confusion et la bousculade de la montée un petit malin en a profité. Nous fouillons, il manque le walkman mais le matériel photo est toujours là. Le reste du trajet se déroule comme dans un (mauvais et très long) rêve ; il pleut, on ne voit rien, le train s'arrête tous les quart d'heure, l'inconfort est au maximum, nous mangeons des sandwiches à la charcuterie...Nous finissons par arriver vers 15h. OUF ! Vite notre hôtel ferrocarril... Nous sommes très bien accueillis par notre couple d'anciens. Nous récupérons nos gros sacs. Nous retrouvons nos quatre Français de Sucre, dont le couple d'enfer... Ils viennent d'aller à la mine et sont tout crotteux. Certains ne possèdent qu'un seul pantalon, qu'ils doivent laver de suite. Ce qui fait que lorsque nous allons faire un tour en ville avec eux, ils se promènent en short et en poncho, ce qui leur procure un look certain... A la poste, deux lettres nous attendent, ainsi que le paquet tant attendu, contenant des pellicules et des médicaments. nous avons des nouvelles du pays d'il y a trois semaines. Le dollar a monté en flèche, nous changerons demain des devises. Nous décidons de quitter la Bolivie et de partir directement à Villazon, à la frontière de l'Argentine. On en a un peu marre des galères de transport... On aurait bien voulu aller à Uyuni, pour voir le salar, mais une expédition en 4X4, c'est pas dans nos moyens et les transports collectifs dans le désert de sel, ça doit pas être monnaie courante. Pas envie d'une galère supplémentaire. Nous rentrons à l'hôtel et trouvons nos routards français sur le départ. Ils voyagent en sens inverse du notre et monte à Oruro. Départ du train prévu au départ à 21h, annoncé à la gare à 2 ou 3h du mat'... Il fait froid, ils ne sont pas équipés pour attendre des heures dehors. Le guichet est fermé pour les remboursements et personne ne veut leur racheter leurs billets trop chers pour les locaux en classe pullman. Je m'arrange avec le pépé pour que je puisse aller leur ouvrir l'hôtel au cas où ils voudraient revenir. Je les accompagne à la gare et en profite pour acheter 4 brioches pour le petit déjeuner de demain. Il y a plus de choix qu'au marché en viennoiseries. Je rentre me coucher, pas le temps de s'endormir que j'entends frapper à la porte. J'ouvre à quatre frigorifiés. La salle d'attente était glaciale et pleine de gens couchés partout sous des couvertures... Un d'entre eux va se relever pour aller se faire rembourser les billets à 2h. Nous on dort.

Vendredi 12 avril
Nous sommes réveillés par le soleil, il fait chaud. Nous nous levons tranquillement. Grande lessive puis lecture et bronzage dans le patio. Je vais à la douane puis à la poste me renseigner pour envoyer un colis en France (avec tous nos achats, on commence à être chargés…). Le voyage dure de 3 à 4 mois, par train jusqu’à Buenos Aires puis par bateau. La postière est en train de déguiser et de maquiller sa petite fille. Elle nous explique qu’à 15h il y a une grande fête des enfants. Je redescends à l’hôtel et nous préparons un sac pour l’expédier. Véronique commence à coudre le tissu qui entoure le colis puis nous décidons d’aller voir cette fiesta de los niňos. Mais nous avons beau parcourir les rues de Potosi, nada ! Pas de farandole ni d’enfants… J’ai dû mal comprendre… Bon, Véronique va finir sa couture et moi je file au terminal de bus me renseigner sur les départ de bus pour Villazon. Il y en a tous les jours… nous partirons dimanche soir. A 17h30 Véronique a fini de coudre. Nous laissons une ouverture car il faut passer à la douane avant la poste pour qu’ils vérifient le contenu avant de l’expédier. Mais là, pas de balance pour peser… or, si ça fait un peu plus de 5kg, on paie le double, comme pour 10kg. Il faut donc qu’on pèse à la poste, qu’on retourne à la douane fermer le paquet, puis de nouveau à la poste pour l’expédier… et la douane ferme à 18h… et bien sûr est fermée le week-end. Je pars en courant à la poste, qui est en train de fermer. La postière accepte en maugréant de peser le paquet : 5kg100 ! J’enlève une paire de chaussettes en laine de lama… juste ! Le douanier a promis à Véronique qu’il serait là demain matin à 9h… on verra. Je suis crevé par tous ces allers retours. Ça monte et on est à 4000m quand même ! Un bon steak à la moutarde au Scaramush et au lit.

Samedi 13 avril
De bon matin (9h…), je fais le pied de grue devant la douane… fermée, personne en vue… Un quart d’heure plus tard, alors que je m’apprête à partir, le douanier arrive avec sa femme. Il me dit qu’il y a un gardien, que c’est lui qui peut nous ouvrir. Il lance deux cailloux sur les volets, personne ne vient ouvrir. Bon, il me dit que le gardien s’est absenté, qu’il ne faut pas s’inquiéter, il me redonne rendez-vous à midi. Je rejoins Véronique pour le petit déjeuner, à base de brioches achetées hier au terminal de bus et de café. Puis notre sport favori en Bolivie : trouver un changeur pour nos dollars au noir… On échange cette fois dans un magasin à 155 000 pesos pour un dollar… moyen, on pensait trouver pour 165 ou 170… Le type du magasin nous raconte qu’il est allé en Espagne pour le mondial de foot en 82 et qu’il est passé à Paris… « Pigalle, cosas seriosas… » nous lance-t-il avec un clin d’œil… A midi, même topo à la douane, toujours personne… OK, on va être obligés d’attendre lundi pour expédier le colis puis prendre un bus pour l’Argentine. L’après-midi, farniente à l’hôtel. Nos collègues ont tenté d’aller à Tarapaya, pour es sources d’eau chaude… rien, pas un bus, pas un camion, pas le plus petit des pick-ups… La galère habituelle des transports… Après un goûter de beignets au miel délicieux, nous retournons au terminal de bus prendre deux billets pour Villazon, lundi , départ 17h. On en profite pour acheter encore des bonnes brioches et du pain qu’on ne trouve qu’ici. A l’hôtel nous apprenons que les autres Français sont partis pour La Paz. C’est samedi, nous sortons manger une pizza sur la place. Il y a une fanfare et ils servent du « leche de tigre », à base d’alcool le « singani » et de lait chaud. C’est bon et ça réchauffe avec le froid et les coups de soleil… On achète par signes des bonbons à une petite fille sourde, elle nous en offre un de plus. Nous rentrons en flânant.

Dimanche 14 avril

Cool pour notre dernière journée en Bolivie… Grasse matinée, le gaz rend l’âme en faisant le thé, on en trouvera j’espère, en Argentine. Les brioches sont toujours aussi bonnes… Pas de galère de transport ou d’administration aujourd’hui, juste bronzage au soleil dans le patio, lecture, un peu de lessive, sieste, beignets au miel… et puis un dernier orage déverse ses trombes sur le linge qui sèche qu’on rentre précipitamment. Après l’orage, une promenade à la tombée du soir un petit dîner, lecture au lit et bonne nuit.

Lundi 15 avril

Cette fois, c’est pour de bon, nous quittons la Bolivie, pays magnifique mais trop galère côté transports… Nous espérons un peu plus de prévisibilité et d’organisation en Argentine ou là, c’est l’immensité des espaces (8 fois la France), et la longueur des distances qui risquent de nous fatiguer, un bon entraînement pour le Brésil (16 fois la France !...). En attendant nous faisons pour la énième fois nos (gros) sacs, méticuleusement, pour que tout rentre. Puis nous filons à la douane… c’est ouvert, ça ne prend que quelques minutes, Véronique peut finir de coudre sur place le paquet enveloppé dans du sac de riz en grosse toile. Puis, le tampon de la douane apposé, nous retournons à la poste. Et là, le tarif a doublé depuis vendredi ! Le ton monte, rien à faire, la postière n’en démord pas. Nous rentrons découragés, mangeons un morceau puis on y retourne… On discute encore, on demande à voir un responsable, on gagne par abandon… elle accepte de nous faire le tarif annoncé pour 5kg. Ouf ! 5kg de moins dans les sacs, ça soulage ! Nous revoyons un jeune Péruvien qui voyage comme nous (et oui, ça existe les autochtones qui font la route, c’est comme ça que Che Guevara a commencé…), et que nous avions déjà croisé à Oruro et à Sucre. Avec un copain, ils ont bourlingué partout en Amérique du sud et ils sont très sympas. On discute un moment de voyage, de politique, des démocraties qui se développent ici après les dictatures des années 50 à 70… On se reverra peut-être en Argentine ou au Brésil ils suivent un peu le même circuit que nous. Mais pour des Péruviens c’est compliqué de passer en Argentine, l’immigration surveille les entrées de gens qu’ils soupçonnent de vouloir travailler et s’installer illégalement… ça nous rappelle quelque chose… Bueno, ¡ hasta luego ! Nous filons au terminal de bus. La jeune femme de l’agence de voyage nous gratifie d’un beau sourire et nous annonce que le bus que nous devons prendre est en panne sur la route de La Paz… et rajoute qu’elle nous a pris d’autres billets à une autre agence… on l’embrasserait presque… On attend au soleil et à 17h, le bus est là. Il démarre, Potosi et le cerro nous offrent une ultime vue au couchant. Nous croisons des troupeaux de lamas. Comme un condensé de clichés de la Bolivie. Demain nous serons en Argentine mais toujours dans les Andes. Il y aura encore des lamas et des Cholos. En attendant, la nuit tombe, la piste se fait cahotante et nous berce…

Sucre

Jeudi 4 avril
Aujourd’hui, ça y est, nous partons à Sucre. Lever aux aurores, petit déjeuner sur le pouce, nous bouclons les sacs. Le vieux monsieur qui tient l’hôtel se lève à peine et nous ouvre en baillant… A 6h45 nous sommes à la gare. Il y a déjà un peu de monde. Il n’y a plus qu’à faire la queue au guichet. Il fait froid, le ciel est couvert. Nous entamons une discussion avec les gens autour de nous, des locaux mais aussi des Norvégiens et des Américains qui travaillent et vivent ici. Les guichets ouvrent enfin, à 8h30. Je réserve deux places en « pullman », la classe ! Le train arrive à 9h30, des images de Tintin (le temple du soleil) surgissent dans mon esprit. Il vient de La Paz, il est bondé, mais notre wagon se vide miraculeusement… mais pas complètement. Nous pouvons nous installer sans problèmes. Il démarre (très lentement) à 10h. La pluie se met à tomber, le paysage en devient morne dans un brouillard continuel. Nous traversons quelques villages, le train s’arrête une heure le temps qu’un autre train passe en sens inverse et puisse nous croiser (voie unique). Nous achetons du maïs grillé et du fromage à des vendeurs ambulants qui se postent le long de la voie. Après un trajet sans histoires le train s’arrête une dernière fois, à 3km de Sucre, pour récupérer un wagon supplémentaire, sans doute pour le retour… Après des manœuvres, visiblement difficiles et qui nous semblent interminables, le train peut enfin débarquer en gare de Sucre. Il est 16h30. Les deux Américains nous proposent de les accompagner à un hôtel qu’on leur a conseillé. Nous les suivons jusqu’à l’Alojamiento « Sul Tamista ». C’est plus cher qu’à Potosi mais n’oublions pas que nous sommes ici à la capitale ! Le cadre est sympa, bâtisse coloniale blanche avec un patio, des jolies plantes et Rosa ! C’est le coup de foudre immédiat entre elle et moi ! Elle est très belle mais un peu bavarde… c’est une véritable amazone… à tête bleue, au plumage vert éclatant, un perroquet très sympa et peu farouche, qui accepte de se laisser câliner et vient se percher sur mon épaule. Nous laissons Rosa pour nous installer et partons faire un tour en ville. La ville est belle de facture coloniale notamment le place 25 de mayo entourée de grandes maisons toutes blanches. Tout est blanc… C’est la semaine sainte et nous avons du mal à trouver un restaurant ouvert. Nous trouvons une soupe et des sandwiches au marché près de l’hôtel. Une dame nous y aborde pour nous proposer de visiter sa boutique d’artisanat. Il y a de très belles choses, surtout les mantas, mais plutôt chères. Nous promettons de revenir demain après-midi. Puis nous décidons de nous faire une soirée cinéma. Deux films au programme « les sous-doués en vacances », en français dans le texte… mais le son est si mauvais que je devais parfois lire les sous-titres en espagnol pour comprendre… ensuite plus sérieux, « Kramer contre Kramer », en anglais. Bon film, mais il manque des scènes coupées par la censure… Nous rentrons tard à l’hôtel, la porte est close ! Nous devons frapper plusieurs fois pour que le jeune gardien de nuit vienne nous ouvrir en baillant… Vite au lit, il fait froid encore ce soir malgré le fait que nous soyons 1000m plus bas qu’à Potosi ou La Paz…

Vendredi 5 avril
Rosa nous assure un réveil matinal en fanfare… en parlant et jacassant à tue-tête… On reste quand même traîner au lit. Petit déjeuner à l’européenne, chocolat chaud et tartines de confiture. Je veux prendre une douche vers 11h, pas d’eau chaude… elle est coupée entre 9h et 17h… il faudra que j’attende ce soir. Après une séance de lecture et une petite sieste sur la terrasse (on est vraiment fatigué !...), nous sortons vers 15h. Le ciel bleu est au rendez-vous, il fait chaud. La ville resplendit sous le soleil. Nous rencontrons les Américains de hier, Ric & Kellie, ils veulent aussi se rendre au magasin d’artisanat. Nous y allons ensemble, mais pour trouver porte close. Nous partons nous promener dans les hauteurs de Sucre. Nous passons devant une très belle ancienne maison de maître coloniale, malheureusement très délabrée. Puis nous arrivons devant une des nombreuses et belles églises de la ville. De la place, nous avons une très jolie vue sur la cité. Il y a beaucoup de campesinos endimanchés sur la place qui attendent la messe du vendredi saint. Je prends discrètement des photos mais mon appareil se bloque ; plus moyen de fermer le diaphragme… Nos Américains nous indiquent un bon réparateur à Santa Cruz. On verra ce qu’on peut faire avant… En attendant il faut que je m’arrange en prenant des photos à une vitesse correspondant à la plus grande ouverture du diaphragme, sinon ce sera très surexposé. Nous redescendons, le magasin d’artisanat est toujours fermé (jour férié ? ils sont à la messe ?). Heureusement, la douche de l’hôtel, ça y est, elle est bien chaude. J’ai un coup de soleil sur le ventre dû à ma sieste de ce matin. Ric & Kellie nous amènent manger une pizza, ils connaissent une bonne pizzeria… qui est fermée aussi ! bad luck today ! On se rabat dans un petit restaurant qui se révèle pas très bon et pas très sympa… Bon… Nous rencontrons à l’hôtel 3 Français et un Québecois qui viennent d’arriver. Ils viennent du Brésil via Santa Cruz. Il y a un couple de Bordelais qui on l’air plutôt en froid… Les Américains vont acheter du vin bolivien (et oui ça existe !) dans une épicerie et nous proposent de le partager sur a place de l’église qui domine la ville. Le Bordelais Eric vient avec nous. Il apporte verres et tire-bouchon. Il fait bon, la ville illuminée s’étend en dessous de nous, sur la place, les paysans venus pour la semaine sainte s’installent pour dormir. Nous discutons avec Ric et Kellie qui nous racontent leur vie de profs dans une école américaine à Santa Cruz. La discussion se finit très tard dans leur chambre (musique, vie en France aux USA, voyages…), puis on s’écroule dans le lit…

Samedi 6 avril

Grosse flemme aujourd’hui. Nous traînons jusqu’à 10h00 puis accompagnons nos Américains qui doivent prendre l’avion pour Santa Cruz à midi. Nous visitons au passage une boutique de mantas. Nous en trouvons deux anciennes, très belles pour un prix abordable. Nous quittons nos amis après qu’ils nous aient laisser leur adresse à Santa Cruz. Cet après-midi tout est fermé, il fait chaud ; nous restons dans la patio discuter avec Rosa, qui m’a adopté mais rejette Véronique comme paraît-il toutes les femmes… Rosa monte sur mon épaule et se fait caresser le cou, Véronique prend une photo. Au dîner, nous trouvons une pizzeria sympa « Napolitana », tenue par des jeunes, bonne musique, bonnes pizzas… Balade digestive sur la place, un peu harcelés par des « Tarabuqueňos » qui veulent nous vendre des mantas et ponchos, hors de prix… Une jeune vendeuse de chips nous aborde. Elle est très jolie et pleine de fraîcheur. Elle nous propose de venir écouter de la musique chez elle demain. Elle, ses frères, ses sœurs, tous jouent d’un instrument. Rendez-vous est pris devant les lions de Sucre à 20h30 demain. Un petit refresco et à demain.

Dimanche 7 avril
Lever à 6h00, nous partons à Tarabuco avec nos collègues français. Nous allons ensemble à l’endroit où le bus est sensé passer. Esperamos, en Bolivie le double sens de ce mot prend toute sa signification !… Nous finissons par trouver un camion qui y va. On s’installe tous tans bien que mal dans la benne, assis sur le rebord et ça démarre. On charge comme d’habitude un tas de trucs en route, notamment deux Québecois bien sympas eux aussi. Le paysage nous fait oublier l’inconfort du camion, campos, montagnes, sous le soleil, dans la poussière et les cahots. Au bout de trois heures de piste, nous sommes fourbus et couverts de poussière, mais nous arrivons au village indien de Tarabuco, en pleine montagne. Mais, pas de chance, le fameux marché du dimanche n’a pas lieu parce que c’est jour de Pâques. Les Tarabuqueňos sont là tout de même vêtus depuis 400 ans de ponchos bariolés et de chapeaux calqués sur les casques des conquistadores espagnols du XVIe siècle. Je prends des photos. Nous prenons un bon almuerzo, faisons le tour du pueblo, très beau mais aussi très petit. A 15h00, nous reprenons un petit bus qui se remplit, se remplit… au moins 40 personnes pour 25 places… Ca repart dans l’autre sens, moins de poussières mais toujours pas très confortable. Retour cahotant à Sucre. Après une bonne douche, une bonne bière, une bonne pizza, je me présente à mon rendez-vous. Ma jolie Bolivienne m’attend aux pieds des lions. Je retrouve avec elle la « bande » à la pizzeria et nous allons chez elle, en haut de la ville. Elle est accompagnée de son petit frère Mario de 10 ans. Nous entrons tous dans leur modeste maison et écoutons d’abord la grande sœur chanter en s’accompagnant du charengo, puis Mario qui accompagne les deux sœurs au chant. Moments assez magiques. Ils jouent tous dans des groupes divers, le grand frère absent a une renommée nationale et fait des disques. Nous restons un moment à discuter musique et culture et prenons congé.

Lundi 8 avril

Les vocalises de Rosa nous assurent le réveil, mais nous traînons un peu au lit. Nous partons à la recherche d’un photographe qui voudra bien essayer de réparer mon appareil photo. Après de nombreux refus nous finissons par en dénicher un qui accepte de regarder. Il nous donnera sa réponse demain matin. Nous passons à la gare, en principe nous avons un train jeudi pour Potosi. Nos quatre Bordelais s’en vont aujourd’hui. Ça n’est pas plus mal car le couple n’arrête pas de s’engueuler…Bon, on se balade un peu en ville, sandwiches sur le pouce, nous rentrons à l’hôtel faire de la lessive… Véronique se fait attraper par la vieille dame qui tient l’hôtel, elle trouve qu’on utilise trop d’eau… Elle finit par se calmer, mais aussi par nous couper l’eau… Son mari est malade, s’en doute d’un excès de boisson hier soir… passons… Nous partons poster du courrier et, pour la première fois, à la poste, on nous donne des vrais et beaux timbres… Ce sera tout pour aujourd’hui.

Mardi 9 avril

Mauvaise journée aujourd’hui, la nuit fut courte grâce à Rosa, la « mémé » nous fait toujours la gueule, Le photographe nous dit de revenir cet après-midi, nous revenons à 14h, il est fermé, il arrive enfin vers 15h, nous dit qu’il ne peut pas réparer avant lundi. Nous n’avons plus grand chose à faire ici à Sucre et choisissons d’attendre l’Argentine pour réparer… Ce soir nous allons à l’Alliance française où on nous avait dit qu’ils passaient un film… mauvaise pioche, c’est demain ! Il ne reste plus qu’à aller se coucher… La chanson d’Higelin me trotte dans la tête : « c’est dur aujourd’hui peut-être, demain ce sera vach’ment mieux… ».
Mercredi 10 avril
Bon, déjà on a mieux dormi… Nous allons acheter nos billets de train pour demain. Départ 6h ! Après un bon jus de fruit dans une échoppe près de la gare tenue par une jeune femme jolie et sympa, nous décidons de nous rendre dans un village voisin, Yotala. Un bus part tout de suite. Derrière nous deux Blacks qui parlent un créole français, visiblement des Haïtiens, ils ne nous engagent pas à entamer une conversation avec eux, nous n’en saurons pas plus. Le bus cahote sur une mauvaise piste pendant une heure et nous arrivons dans un village sans aucun intérêt… On se balade un peu dans le village et la campagne avoisinante, nous buvons une chicha puis attendons une heure un bus pour le retour… Une bonne douche, une excellente pizza arrosée d’une bonne bière nous revigorent… Je passe un dernier long moment à calîner et converser avec Rosa avant d’aller me coucher… il me faut absolument un compagnon comme elle, il paraît qu’on peut trouver des Amazones pas trop chers au Brésil…

Potosi

Vendredi 29 mars

Le bus s’arrête à nouveau vers une heure du mat’. Un disque (de quoi ?...) est cassé. Le bus ne peut pas monter la côte vers Potosi. Il faut retourner à Oruro ! Le bus fait demi-tour et repart dans l’autre sens. Ça gueule, les gens demandent qu’on les rembourse. On roule une heure. On s’arrête dans un petit village ; cette fois c’est cassé pour de bon. Nous sommes à un carrefour et le chauffeur nous dit que des bus de La Paz vont passer et que l’agence nous remboursera à Potosi. ¡ Pues ! Effectivement des bus passent. Les trois premiers sont pleins, le quatrième c’est le bon, on monte on se fait une petite place, les sacs sont dans l’allée centrale, la vitre près de moi ne ferme plus, ça caille, on s’emmitoufle comme on peut, c’est reparti… pas pour longtemps, nouvel arrêt, plus de batterie !... Nous restons affalés sur nos sièges, perclus de fatigue. Au bout d’une heure, le bus arrive à démarrer. On s’endort. Le froid très vif et le lever du jour nous réveillent. On est dans la montagne, le soleil se lève sur un paysage de hameaux, de sommets, de troupeaux de lamas dont on ne se lasse pas. Peu avant d’arriver l’environnement se fait plus désertique et plus poussiéreux. Nous passons près des mines. Nous arrivons enfin à Potosi à 11h. Nous arrivons à nous faire rembourser en discutant un peu. Crevés, nous prenons un taxi jusqu’à l’alojamiento « ferrocarril », près de la gare. L’auberge est tenue par une couple de petits vieux très accueillants et sympas. Après une brève installation, nous nous écroulons pour une sieste réparatrice. Nous passons l’après-midi à visiter la ville, très belle bien que très défraîchie, de style colonial avec des maisons blanches et de nombreuses églises, vestiges de l’époque où les mines d’argent puis d’étain apportaient de grandes richesses. L’orage arrive, nous rentrons nous faire un bon chocolat chaud. Nous repartons sous des trombes d’eau nous manger une pizza, puis au lit.

Samedi 30 mars

Journée farniente, « porque estamos muy cansados… »… Grasse mat’, petit déj’ à midi (petits pains au miel, chocolat chaud). Dehors il pleut toujours à verse. Nous écrivons notre courrier au chaud. Il s’arrête de pleuvoir vers cinq heures. Nous mettons le nez dehors. Balade au gré de nos recherches pour trouver du pain pour demain. Le soir nous goûtons un « picante de pollo » (spécialité locale) très bon, puis des « confites de mani » (cacahuètes enrobées de sucre), pas mauvaises non plus. ¡ nada mas !

Dimanche 31 mars

Tentative pour prendre le train : épisode 4 ; cette fois nous voulons aller à Sucre… Je descends à la gare à 8h… Le guichet est fermé, mais il y a déjà une bonne file d’attente. Ils doivent ouvrir à 9h… A 9h45, ça ouvre… le type passe sa tête et hurle « pas de billets pour demain, une heure avant le départ !... » Tout le monde râle et repart… la suite au prochain épisode… Le reste de la matinée se passe devant un petit déjeuner copieux que Véronique m’a préparé puis à faire notre lessive. L’après-midi, nous montons à travers les ruelles pavées jusqu’au sommet de la ville. La vue est très belle. Les terrils et la montagne dénudée par les mines apportent des couleurs rouge et ocre qui contrastent avec le ciel bleu profond d’altitude (on est à nouveau à 4000m). Une fois rentrés, je m’aperçois que mon appareil photo a un problème. Le diaphragme ne se ferme plus, toutes les photos sont prises à pleine ouverture, il y a de la surexposition dans l’air ! Le problème aussi, ça va être de trouver un réparateur ! Il nous reste un autre appareil, un compact étanche, mais il ne fera pas d’aussi bonnes photos que le reflex… A suivre… Nous rencontrons un Hollandais qui nous recrute pour une visite d’une mine demain. OK, Sucre ce sera dans deux jours. C’est un prêtre belge qui organise les visites, dont les bénéfices vont à une association qui s’occupe des mineurs et de leur famille, quand ils sont à la retraite ou victimes de la silicose. Coucher tôt, demain on se lève tôt.

Lundi 1er avril

Lever à 6h, il fait encore nuit. Le temps est au beau. Thé à la cannelle. On rejoint notre Hollandais qui n’a pas l’air en forme. Il a été malade toute la nuit. Départ en taxi jusqu’à la paroisse « conception » du père belge. Il nous accueille chaleureusement. Deux filles suisses, Dominique et Fabienne se joignent à notre groupe. Puis arrive Victor, notre guide. Il n’a pas l’air d’être au courant de notre rendez-vous et part se changer… Le père nous prête des lampes. Victor revient et on peut partir à la mine. En chemin Victor nous fait acheter des feuilles de coca pour offrir aux mineurs. La coca a des vertus anesthésiantes, coupe-faim, c’est bon aussi pour le mal de l’altitude et ça permet de travailler toute une journée au fond de la mine sans manger ni boire ni dormir… Ils en prennent une poignée qu’ils mettent dans la bouche et mâchent sans arrêt. Nous montons ensuite dans un camion avec des mineurs. Il nous dépose au bas de la mine, il faut encore monter 20mn pour y accéder. Nous discutons en chemin avec Victor ; il a 43 ans, il ne peut plus travailler comme mineur, il a la silicose à 75%... c’est incurable à partir de 50%... Cette maladie est due aux poussières qui s’infiltrent peu à peu dans les poumons… Victor s’est arrêté il y a 5 ans, après 22 ans de mine… Il a 8 enfants et vit maintenant de petits boulots, dont ce job de guide pour les touristes. Il s’agit d’une mine privée, louée par une coopérative de mineurs, après que l’état l’ait abandonnée car plus assez rentable… Les conditions de travail y sont encore plus dures, car les mineurs sont payés au rendement. Les conditions de sécurité sont nulles, pas d’infirmerie, pas d’électricité… Ces mines sont très anciennes, exploitées par les Incas, puis les espagnols, pour l’argent d’abord, qui a assuré la richesse de Potosi pendant toute une période, puis pour l’étain, ressource principale aujourd’hui (on trouve aussi du plomb et du zinc). La mine que nous visitons est toujours exploitée, les mineurs sont à l’entrée, les joues gonflées par la coca. Ils se préparent, ils n’entrent dans la mine qu’à 11h. Nous mettons les casques et Victor nous fait entrer. D’abord 400m d’une galerie large, haute et horizontale. C’est la galerie principale, munie de rails où le minerai est évacué sur des wagonnets. De part et d’autre partent d’autres galeries qui suivent les filons, beaucoup plus étroites ; elles montent ou descendent jusqu’à 400m en dessus ou en dessous ; le minerai y est chargé à dos d’homme. Nous en empruntons une jusqu’à -200m. La descente est glissante, nous côtoyons des puits profonds, munis de barreaux d’échelle en bois. Alphonso le Hollandais est très malade et les trois filles commencent à ne pas être très rassurées. L’air (4000m d’altitude et -200m sous terre…) commence à se faire rare…Ils décident de s’arrêter et de faire une pause. Victor m’entraîne jusqu’au bout de la galerie, à -400m. Là, sur une espèce d’autel improvisé, se dresse un « diablo », dieu de la mine en argile rouge recouvert d’offrandes (cigarettes, bouteilles, banderilles, fleurs, nourriture etc.). La mine, c’est « Pachamama », la déesse mère. Les femmes n’y ont pas le droit de travailler sinon il y aurait de la rivalité et de la jalousie et la mine produirait moins… Nous remontons à fond de train et rejoignons les autres. Nous sortons de la mine et croisons les mineurs qui vont y travailler, la chique de coca à la joue. J’aimerais les accompagner, rendre compte par mes photographies de leurs conditions de travail, mais Victor refuse car trop dangereux (dynamite, gaz, effondrements… menacent quotidiennement les mineurs). Nous nous retrouvons à l’air libre et je me rends compte que j’ai un gros trou dans mon pantalon… à force de descendre sur les fesses ! Nous rejoignons la route et prenons congé le cœur serré de notre gentil guide. Que c’est dur la mine ! Il faut lire ou relire « Germinal » de Zola ; ici, ils y sont encore… Nous rentrons tranquillement à pieds, avec les deux suissesses. Alphonso, lui, prend un camion pour le dispensaire de la paroisse où officie un médecin, belge lui aussi. Au passage nous pouvons observer le travail du minerai, une fois celui-ci extrait. Lavage, filtrage, triage, avant de passer à la fonderie. A la paroisse, nous prenons un verre avec un voyageur belge qui arrive du Brésil et d’Argentine. Il suit pratiquement notre itinéraire dans l’autre sens… Nous rentrons déjeuner en ville puis une bonne douche et une bonne sieste à l’hôtel. Nous sommes sales et fourbus. A 17h, nous ressortons faire un tour en ville. L’orage revient en déluge. Nous nous offrons des steaks au « Scaramush », un des bons restaurants de Potosi.

Mardi 2 avril

On émerge à 10h… Il fait beau mais les nuages s’accumulent très vite et l’orage revient. Nous faisons une lessive entre les gouttes. Nous finissons le bon miel de La Paz, vendu en bouteille. Ici, on ne trouve que du miel d’importation, d’Argentine, six fois plus cher ! L’après-midi, nous allons visiter la « Casa de la moneda », transformé en musée. Ici on transformait l’argent en pièces et lingots avant de les expédier sur les galions espagnols. La salle du laminoir, actionné par des esclaves indiens puis noirs d’Afrique est impressionnante. Ils étaient logés dans des prisons, dans des conditions épouvantables. Un véritable génocide, le poids des os des esclaves morts au travail est équivalent au poids de l’argent extrait et expédié en Espagne… Nous visitons les riches appartements des maîtres, au mobilier créole, les coffres forts, les machines à frapper la monnaie, la fonderie… En sortant, nous allons au marché. Nous achetons des oranges et des biscuits pour Alphonso, toujours malade et un pique-nique pour nous demain si nous arrivons à prendre le train pour Sucre. Une partie de dés, un « picante de pollo », des petits gâteaux achetés dans une « pasteleria » et un mate de coca pour finir la journée. Il fait très froid ce soir.

Mercredi 3 avril

Ce matin il faut refaire les sacs. En enroulant comme d’habitude dans le duvet une belle potiche achetée à Huaraz, j’appuie un peu fort et crac !... elle se brise… j’enrage, puis je ramasse les morceaux, on va essayer de la recoller. De retour à la gare, on m’apprend (épisode 5) que le train va avoir du retard. Il arrivera en fin de soirée (vers 20h) au lieu de 11h… on décide de prendre celui de demain… On achète de la colle et nous allons passer une partie de la journée à recoller les morceaux de céramique. A midi nous revoyons deux Français rencontrés hier à la casa de la moneda. Ils pensent faire la traversée Bolivie – Mexique en deux mois !... L’après-midi nous chinons au marché. Nous regardons les ponchos et les mantas, belles et chères ou bon marché et moches… L’orage nous surprend à nouveau. Nous avons du mal à trouver du pain à Potosi. Nous apprenons qu’en fait il y a une pénurie de farine dans toute la Bolivie… par endroit les gens forment des files d’attente interminables devant les boulangeries pour acheter du pain. Cela peut se terminer en pugilat et il faut souvent l’intervention de la police pour que la distribution se déroule dans le calme… Nous finissons quand même par trouver une épicière sympa qui accepte de nous en garder. Nous finissons la soirée par une pizza, du pain doux, de la pâte de fruit et de la citronnade, un délice…

Wednesday, May 28, 2008

Retour à La Paz

Dimanche 17 mars
Nuit bruyante et agitée, nous ne sommes pas super reposés ! Nous nous promenons sur le Prado. C’est dimanche, l’avenue est très animée. Il y a une fanfare et, un peu plus loin, des jeunes ont posé un poste par terre et se mesurent en « smurf dance », comme à Paris ou à New York. Nous passons au club andin, calle Mexico pour prendre des renseignements sur la piste de ski la plus haute du monde, à Chacaltaya. Pas de chance, c’est fermé. Après un hamburger et un jus de fruit frais, nous marchons jusqu’au parc d’attraction. L’ambiance y est très sympa, c’est le rendez-vous des… au fait comment appelle-t-on les habitants de La Paz ? mystère… Flonflons, manèges rustiques nous renvoient aux fêtes foraines de notre enfance. Barbe à papa, crème chantilly, saucisses complètent le tableau. Le zoo est fermé mais il a l’air un peu vieillot lui aussi. On aperçoit de loin un condor qui semble proche de la retraite… La principale attraction c’est un gigantesque toboggan où l’on glisse sur des sacs de patates. Voir des cholitas en robes colorées, jupons et chapeau sur la tête dévalant la pente en riant aux éclats vaut le déplacement ! Malheureusement je n’ai plus de pellicule sur moi. Nous rentrons manger à l’hôtel et discutons un peu avec Pierre-Henri et Hélène avant d’aller nous coucher. Demain, s’il fait beau, nous allons à Chacaltaya.

Lundi 18 mars

Hélène vient nous réveiller à 7h25… Branle-bas de combat, on s’habille et on fait nos sacs en vitesse. Après un petit déjeuner vite avalé au comedor popular, seul lieu où l’on peut manger à cette heure. Il me faut une pellicule, les magasins son bien sûrs fermés, le club andin n’ouvre qu’à 9h… Un taxi nous aborde et nous propose un prix pour la balade, on discute un peu et on se met d’accord… OK, on y va… Je trouve une pellicule chez un vendeur à la sauvette (un peu chère…), on va démarrer, mais un autre touriste arrive et demande à embarquer… rediscussion… cette fois on part pour de bon. Le temps est superbe. Le taxi monte d’abord à El Alto, le quartier près de l’aéroport. La vue sur la ville en contrebas et sur le pic Illimani au dessus vaut déjà le déplacement. La piste serpente jusqu’à l’altiplano, paysage classique de lamas, de lacs et de sommets enneigés dont l’Huyana Potosi. Nous attaquons maintenant la pente sur une piste étroite, toute en lacets. Nous croisons des petits lacs de montagne, chacun d’une couleur différente (émeraude, turquoise, bleu profond…). Le taxi monte doucement, à cette altitude les moteurs souffrent… Autour de 5000m, c’est la neige. La voiture nous dépose au refuge du Club Andin Bolivien (CAB) à 5270m. Un gardien nous accueille et nous demande un droit d’entrée. On râle un peu et on négocie un prix de groupe… Il nous explique qu’ils doivent entretenir la piste et le refuge… ok, ok… Nous montons à pieds dans la neige, le souffle court. La vue est ici extraordinaire est s’étend jusqu’au Chili et la cordillère occidentale d’un côté, sur les sommets de la cordillère orientale et sur une mère de nuages au dessus du Alto Beni et de l’Amazonie de l’autre. Et au nord s’étend en dessous de nous le lac Titicaca. Nous longeons la piste de ski, munie d’un simple fil neige, mais d’une belle pente soutenue qui doit faire frissonner les débutants… Elle est fermée, ne fonctionne que le week-end. On est 5 à monter encore jusqu’au sommet de la piste. Véro commence à sentir les effets de l’altitude et, épuisée ne veut plus continuer. On continue à trois, avec un couple de vieux Allemands qui nous a rejoint, très sympas. Nous visons le sommet qui surplombe la piste. Nous sommes sur un glacier, il y a quelques crevasses autour de nous. Ça devient dur, on souffre et on souffle, mais ça vaut le coup, là haut, la vue est encore plus belle. On doit être aux alentours de 5600m d’altitude. Je redescends moitié en ramasse moitié en courant. Deux Boliviens font du ski (ils ont dû monter à pieds les skis sur le dos… courageux !). Ils ne sont pas très bons skieurs et descendent plus lentement que moi… J’arrive au refuge, je ferais bien une descente mais il n’y a pas de chaussures à ma taille (les Boliviens sont plutôt petits…). On discute avec un Brésilien super sympa qui nous invite chez lui à Sao Paulo. Le temps se couvre, il fait très froid dehors, il est temps de reprendre notre taxi. Après une longue descente avec épingles à cheveux, il nous dépose à notre hôtel. Il est seulement 14h00, la fringale nous prend, on va manger des sandwiches en ville. Retour à l’hôtel, coups de soleil et mal à la tête, sieste impérative. Le soir on est requinqués, un petit tour au restaurant (je mange des rognons délicieux) et puis cinéma. Nous voulons aller voir « Bajo Fuego » (titre original « Underfire »). Cela parle de journalistes au Nicaragua dont l’un se fait assassiner par l’armée juste avant la prise de pouvoir par les rebelles sandinistes. Mais nous tombons sur des portes fermées… Les cinémas aussi sont en grève ! Bon, on se contente d’une balade digestive sur le Prado, avec un jus d’orange accompagné de chocolats…

Mardi 19 mars
Grasse matinée jusqu’à 10h ! Au petit déjeuner les discussions vont bon train. On nous annonce une manifestation monstre cet après-midi. Ça risque de chauffer… Pierre-Henri et Hélène en ont marre d’attendre… il veulent retourner au Pérou. On discute un moment dans le patio de l’hôtel, confortablement installés, au soleil. On leur confie des lettres pour nos parents, d’ici aucune nouvelle ne part plus à cause de la grève. Nous mangeons en compagnie des mineurs qui sont nourris à tour de rôle par les différentes échoppes du Comedor popular. Les rues sont progressivement occupées et bloquées par les mineurs, mais dans le calme. Il n’y a plus aucune circulation ce qui donne un climat étrangement silencieux (veille d’insurrection ?). Notre visa bolivien va expirer, nous allons à l’immigration qui est aussi fermée… mais qui ouvre demain matin. Nous passons l’après-midi à flâner dans les marchés artisanaux qui, eux, restent toujours animés. Je m’attarde auprès des marchands de disques et de cassettes qui ont de véritables perles… Après un repas copieux dans un restaurant près de l’hôtel on se promène dans les rues commerçantes. On cherche du chocolat… introuvable aujourd’hui. Tant pis, quizas maňana…

Mercredi 20 mars
Nous commençons la journée par l’immigration. Bonne nouvelle, on n’attend presque pas et c’est une simple formalité… nous pouvons rester en Bolivie jusqu’au 27 avril. Aujourd’hui c’est jour de shopping. Nous allons dans un marché artisanal, le Mercado San Francisco. Nous achetons des petits masques peints, répliques de ceux du carnaval d’Oruro, les Diabladas. Nous entrons les envelopper à l’hôtel (ils sont en terre cuite, plutôt fragiles…). J’en profite pour appeler Emma Junaro, la chanteuse rencontrée dans l’avion. Elle nous invite pour le thé à 17h… En attendant, l’après-midi nous continuons nos achats. Nous cherchons une « bolsa » sac tissé et coloré, mais nous ne trouvons rien à notre goût. Nous voyons un poncho magnifique en pur alpaga mais le prix est trop élevé. Nous marchandons un peu… c’est toujours trop chers, nous partons, nous repasserons, pour voir… Nous prenons le bus jusqu’aux quartiers bas de La Paz. Emma habite dans un grand bâtiment moderne tout en verre fumé. L’appartement est au 3e étage, très vaste et lumineux, on se croirait d’un seul coup transplanté en Europe… On boit le thé avec des petits gâteaux. Il y a deux jeunes de sa famille, sa mère (et son chien) et son mari, Alain qui est français. Il nous file pleins de tuyaux sur les coins sympas à voir dans le sud de la Bolivie. Lui va partir deux mois chercher de l’or en Amazonie. Nous passons deux heures très agréables. Nous rentrons dans notre quartier populaire. A l’hôtel, nous rencontrons un Français et un Colombien qui font des gâteaux (l’hôtel leur prête la cuisine…). Ils sont excellents, il les vendent pour se faire un peu d’argent pour continuer de voyager. Ce soir il fait bien froid… on se pelotonne sous les couvertures…

Jeudi 21 mars

Lever tardif et nous repartons à l’assaut des marchés artisanaux. Nous avons décidé de nous faire plaisir, nous enverrons un colis (quand la poste ne sera plus en grève), par bateau (de Bolivie qui n’a pas d’accès à la mer…) en France. Malgré la poursuite de la grève, la circulation est revenue en ville, les boutiques sont ouvertes, les marchés sont pleins de monde. Nous visitons plusieurs marchés dont celui de Tamayo, le plus grand, un vrai labyrinthe… Nous achetons du chocolat, des chaussures de « tennis », mais aussi 2 pulls, 2 ponchos, un sac (bolsa) en laine de lama ou d’alpaga. Le soir nous dînons dans une parrillada de la viande grillée à l’argentine.

Vendredi 22 mars
Aujourd’hui, journée farniente. Nous avons du mal à trouver du pain, un médecin nous change des dollars qui vont lui permettre d’acheter du matériel médical. Nous visitons le grand marché indien. L’après-midi se passe à lire et jouer aux dés. Je téléphone à Emma qui me donne l’adresse du marché noir, appelé aussi « marché des voleurs ». Elle nous propose de venir enregistrer des cassettes de musique sympas chez elle lundi. Nous sortons sous une pluie battante qui transforme les rues pavées en patinoires ou en piscines boueuses… Nous achetons deux jolies statuettes copies d’art pré-inca. Nous rencontrons au restaurant du soir deux argentins qui nous donnent pleins de tuyaux sur leur pays. Petit chocolat avant de dormir.

Samedi 23 mars
Après une courte nuit, nous avons droit à un réveil en fanfare par nos voisins de chambre… Nous partons à la recherche du marché aux voleurs. Le grand marché de La Paz est immense. Après avoir demandé à plein de gens, on finit par le dénicher tout en haut au dessus de la place Gallita de Lima. Produits de contrebande, volés, no lo se… On trouve un walkman avec radio et hauts-parleurs très bon marché. Quelques cassettes de musique locale et deux vierges pour nos soirées d’hôtel… On trouve aussi des voleurs (normal !) ou plutôt ce sont eux qui nous trouvent… coup de rasoir dans le sac de Véro, mais rien n’a disparu… Nous redescendons dans des lieux plus sûrs, je passe chez un photographe pour acheter des pellicules diapos, au marché il n’y a que des « papier ». Le photographe accepte de me reprendre des « papier » contre des diapos…c’est plus avantageux que de les lui acheter directement… quel trafic ! La femme de ménage de l’hôtel nous propose gentiment de recoudre le sac en pestant contre ses compatriotes et déplorant que des « campesinos » se conduisent de la sorte. Après le repas, l’idée a germé de faire un peu de troc… je repars au « mercado negro » acheter une dizaine de pellicules papier que je compte revendre à d’autres touristes ou échanger au pire contre des « diapos » avec bénéfice… je rentre sous l’orage et des trombes d’eau. On achète des truffes à nos amis sans le sou…je pose une annonce à l’hôtel pour vendre mes films. On part se balader sur le Prado et j’essaie de fourguer des pellicules sans succès… je ne suis pas le roi du marché noir ! On rentre, on se pose un moment devant des clips à la télé, j’échange un bouquin anglais trouvé dans notre chambre contre « l’éducation sentimentale » à deux Suisses. Nous allons discuter avec eux et deux espagnols dans leur chambre… Le mate circule, la cocaïne aussi… nous déclinons gentiment l’invitation… Nous retournons à nos pénates. A la télé ils disent que la grève est terminée, nous allons pouvoir reprendre notre périple. Au lit j’écoute avec plaisir de la musique sur notre walkman en lisant Flaubert.

Dimanche 24 mars
Déjà 2 mois de voyage… nous nous offrons une grasse matinée. Nous sortons vers midi. La grève est terminée, les mineurs s’en vont par camions entiers. Ils portent encore leurs casques sur la tête. Le dollar monte, ce qui arrange plutôt nos affaires, mais sans doute pas celles du pays. Nous retournons au parc d’attractions. Les jeunes smurfeurs sont toujours là. Nous visitons le zoo plutôt minable et délabré, les animaux sont souvent confinés dans des cages petites et sales… nous voyons quand même un magnifique jaguar, des pumas, des condors. Cette fois je prends des photos des cholitas dévalant le toboggan. Un pot de crème chantilly comme dessert après nos sandwichs et nous remontons à l’hôtel. Une partie de yams plus tard nous ressortons, vers 17h00. J’essaie de vendre des pellicules… sans succès. Le commerce, c’est vraiment pas mon truc ! Achat de miel de bonbons et de chocolat et dîner sur le marché. Puis nous allons voir « Bajo Fuego » au cinéma qui a rouvert ses portes. Très bon film, mais en sortant, nous voyons pleins de militaires dans des rues plutôt désertes, et nous avons la désagréable impression de vivre le film qui se passe dans les mêmes rues avec les mêmes militaires sous la dictature au Nicaragua. Nous regagnons vite l’hôtel en frissonnant, d’autant que la pluie s’y met et nous trempe…

Lundi 25 mars
La poste a ouvert, nous allons pouvoir envoyer des nouvelles à la famille. Nous passons à la gare nous renseigner. Pas de train pour Oruro avant demain. On ne peut pas prendre les billets aujourd’hui, il faut les acheter le jour du départ. Je passe ma matinée à faire le tour des échoppes de photographes pour échanger mes pellicules « papier » achetées au marché noir contre des diapos. J’en trouve deux qui acceptent 5 contre 2 puis 4 contre 2, je fais encore une bonne affaire au prix où sont les diapos… Je suis à nouveau fourni pour quelques semaines… L’après-midi nous nous pointons chez Emma, comme prévu pour enregistrer des cassettes. Personne !... Elle a dû oublier… nous repartons un peu déçus, nous partons demain, tant pis… Nous remontons tranquillement en ville, on commence à bien connaître La Paz, il est temps de partir. Nous cherchons un adaptateur pour brancher le baladeur sur une prise de courant. Aucun ne fait 4,5 volts, « maňana ! ». Nous finissons la soirée par un yams à l’hôtel et une discussion avec deux routardes, Française et Belge qui nous proposent de faire passer du courrier quand elles rentrent.

Mardi 26 mars
Je repasse à la gare, je fais la queue une heure devant le guichet. Pas de train aujourd’hui ! « Quizas maňana… ». Bon, je reste zen, c’est la Bolivie, si on est pressé c’est pas le pays où il faut aller… On trouve le bon adaptateur au marché, mais il a une prise plate comme au USA… il faut maintenant trouver un adaptateur pour l’adaptateur… on en trouve un, des piles alcalines, des cassettes… on va pouvoir écouter un peu de musique… Nous retrouvons les deux filles de hier qui nous prennent nos lettres mais qui ont un problème… elles ont oublié qu’il fallait payer une taxe d’aéroport, 15 dollars… Il leur reste des marks allemands mais personne n’en veut… Bon, nous on arrivera bien à les échanger dans un des pays que nous devons traverser… on leur file les dollars nécessaires à leur départ, nous échangeons nos adresses et leur souhaitons un bon retour… Revenus à notre chambre, nous avons la bonne surprise de constater que l’adaptateur marche… Musique !

Mercredi 27 mars
Bon, aujourd’hui nous partons, coûte que coûte ! Je repars une troisième fois à la gare, j’arrive juste alors que le guichet pour Oruro se ferme… J’arrive à arracher une réponse à l’employé… Pas de train aujourd’hui ! « et demain ? »… « no se »… Je vais voir le chef de station, même lui ne sait pas… Il m’indique « la flota »… les bus dont le terminal pour Oruro est à deux pâtés de maisons de la gare. Bueno, ben, y’a plus qu’à y aller… L’accueil y est nettement plus chaleureux, je trouve deux places pour 17h. Je redescends trouver Véro pour une dernière balade en ville. Au marché artisanal je craque pour des petits musiciens cholos en céramique peinte. Nous rentrons faire nos (gros) sacs. Nous retrouvons Hippolyte, le Français en galère, qui attend un mandat depuis un mois. On lui achète des gâteaux aux amandes… super bons… On part à pieds jusqu’au terminal de bus… Il fait chaud, les sacs sont lourds, la côte est dure à monter. Ouf, on arrive au terminal, nous pouvons confier nos bagages, et nous asseoir sur un banc en attendant le départ du bus. Une dame québécoise nous aborde en français. Elle travaille comme infirmière dans un collège de sœurs d’Oruro. Elle propose de nous héberger dans l’école. Le car démarre. Nous voyons une dernière fois La Paz entourée de ses sommets enneigés. Le ciel est dégagé, nous profitons encore de cette splendide vue, beau final. Nous descendons vers le sud, nous roulons sur l’altiplano, sans perdre d’altitude, c’est plat. Les montagnes défilent autour de nous, on en prend plein les yeux jusqu’au coucher de soleil final. Nous sommes toujours sous les tropiques, la nuit arrive tôt. Nous arrivons à Oruro à 20h. Notre infirmière nous amène à son école. Nous sommes très bien accueillis par les sœurs. Elles nous invitent à dîner. Repas simple et familial, omelette, épinards, gélatine en dessert. Nous discutons un moment avec notre hôte qui nous propose de nous amener dans le campo en suivant la tournée d’un médecin et elle jusqu’à la frontière chilienne en passant par les « salars », déserts de sel et lacs saumâtres où l’on trouve des colonies de flamands roses. Ça nous paraît un super plan ! On nous donne une super chambre avec douche… Nous nous endormons en musique, dans le confort et le calme…

Jeudi 28 mars
Réveil en douceur à 7h30. Il fait beau. Après une bonne douche chaude, notre infirmière vient nous chercher pour le petit déjeuner que nous prenons dans son local. Elle nous paraît moins accueillante… peut-être qu’elle s’est un peu emballée hier et que ses supérieurs l’ont un peu briefé… bref, la virée dans le campo n’est plus possible, pour les flamands roses, on verra, elle nous propose d’aller visiter la ville et de chercher un hôtel…, manière diplomatique de nous mettre gentiment dehors. Ok, nous partons à la découverte d’Oruro. Ville minière, carrefour routier et ferroviaire, la cité n’est pas très belle. Elle est surtout célèbre pour son grand carnaval (nous arrivons un mois trop tard…), réunissant toutes les populations des alentours. L’attraction principale en est la danse des « Diabladas », personnages très colorés, aux masques grimaçants et cornus, réunissant dieux anciens et anges déchus… Les hôtels que nous visitons sont tous chers ou sans aucun confort. Notre « hôtesse » nous lâche car elle a une réunion. Nous finissons par trouver un alojamiento un peu moins cher que les autres et avec douches. On ne va pas s’éterniser, si les flamands roses « tombent à l’eau » (…), nous partons demain pour Potosi. Nous allons nous renseigner au terminal de bus. Il y en a un qui part ce soir même, il y a de la place. Nous retournons à l’école, l’infirmière est en grande discussion avec un Médecin et son assistant. Après avoir déjeuné dans notre chambre nous rencontrons les sœurs que nous avions vues hier. Elles nous disent qu’elles nous ont attendus au petit déjeuner !... Apparemment, elles ne veulent pas du tout nous mettre dehors… On ne comprend pas très bien la situation… On comprend un peu mieux au retour de notre infirmière ; elle nous explique qu’un groupe d’Allemands, financeurs de son projet d’école d’infirmière arrivent demain. Le camion sera plein, et il n’y a plus de place pour le lac et les flamands roses… « peut-être dimanche… ». Nous déclinons l’invitation, nous n’avons plus envie de traîner dans cette ville, un peu déçus et frustrés. « paroles, paroles… ». Elle nous offre le thé à cinq heures, nous remercions et saluons les sœurs avant de partir prendre le bus à 18h30. Départ à 19h, la nuit tombe. Nous avons tout de même le temps d’apercevoir le lac Uru Uru. Nous le longeons un moment. Un croissant de lune y mêle ses reflets. Une piste plutôt mauvaise remplace la route goudronnée. Le bus s’arrête ; crevaison… Le ciel est rempli d’étoiles. A cette altitude et loin de toute ville, la voûte céleste est d’une grande clarté. Un train passe au loin en sifflant. Nous repartons et nous endormons sous les cahots…

Sunday, March 30, 2008

Amazonie manquée...

Mercredi 13 mars
Je n’ai pas entendu mon réveil ce matin. Lever à 6h30… ptitdéj, sacs vite faits. Pas de bus, on esssaie de trouver un camion qui part pour Caranavi, porte de l’Amazonie bolivienne. Pas de camion non plus ! Finalement on en trouve un qui va à Yolosa, à 7km, au carrefour plus bas. Le camion descend à vide, on a de la place… On y est à 8h00, c’est le trou… un village carrefour des pistes entre La Paz et l’Amazonie. Nous attendons un peu. Vers 9h00, une camionnette s’arrête au check point de police où nous attendons. Chance, ils vont à Caranavi. Nous nous tassons à l’arrière, et c’est parti. La piste ressemble à celle de La Paz – Coroïco, mais en moins vertigineux. La camionnette s’embourbe une fois. Il faut descendre et pousser… Une autre fois, nous nous arrêtons devant un estanco sur le bord de la route. Nos chauffeurs achètent trois grands sacs de coca… pour quoi faire ? Nous pensons aux labos clandestins… On en profite pour boire un jus d’ananas. On nous propose un magnifique perroquet. Nous repartons, par pour longtemps… le moteur tombe en panne… Mais ils ont l’air d’être habitués, c’est vite réparé. Nous rachetons des sacs de coca (de plus en plus louche, j’espère qu’ils vont bien nous amener à destination…). A 13h30 pétante on débarque à Caranavi. Le village est plus grand que Coroïco, plus bas en altitude donc plus chaud, et sur le plat alors que Coroïco se trouve à flanc de montagne. Moins de charme donc et plus poussiéreux… Le premier hôtel où nous nous présentons est hors de prix… le 2e beaucoup plus abordable heureusement. Alojamiento « Porvenir », c’est son nom. La chambre est propre, trois fenêtres avec moustiquaires. La chaleur nous surprend et nous assomme… une sieste s’impose. On va ensuite se promener en ville, j’achète des tongs, des pamplemousses et on change des dollars dans un garage… Nous nous renseignons pour continuer vers Puerto Linares en Amazonie (je veux aller voir des crocodiles…), les avis divergent sur les départs possibles… entre 6h du mat’ et 6h du soir ! On verra demain. Repas sympa et pas cher à l’hôtel. Petit tour sur la plaza du village, on prend un verre dans la tiédeur du soir. La nuit les moustiques sont à l’affût, malgré les moustiquaires. Bienvenue en Amazonie !

Jeudi 14 mars
Aujourd’hui, c’est notre 50e jour de voyage ! Après un petit déjeuner « completo » (œuf, banane, viande, pain, café), nous cherchons un camion pour Puerto Linares… ¡ Nada ! Pas de départ… Je change un peu d’argent, les cours ont baissés depuis hier, la journée commence bien ! A midi, on déjeune à l’hôtel, la bouffe est dégueulasse… bon, restons zen, l’après-midi se passe à attendre un hypothétique camion. La chaleur est étouffante. A 16h00, miracle ! Un bus passe qui y va. On embarque. La piste traverse des plantations, des bouts de forêt tropicale, le relief reste tourmenté, le soleil se couche au loin sur les montagnes enneigées… il fait rapidement nuit… Le bus s’arrête à un carrefour… Il faut descendre ici sur un pont sur le rio Beni… Puerto Linares c’est là-bas nous indique le chauffeur en montrant une autre piste qui longe le rio… A 15km, à pieds, dans la nuit, génial ! Nous choisissons de nous faire déposer au village suivant sur l’itinéraire du bus, Sospecho. C’est minuscule, il n’y a rien pour y dormir. Un villageois nous accompagne à une maison occupée par un ingénieur allemand qui travaille pour la coopérative agricole. Celui-ci nous accueille assez froidement, il se demande visiblement ce qu’on fiche dans ce bled… Après lui avoir exposé note problème, il nous prête une pièce avec deux paillasses. Il est incapable de nous donner le moindre renseignement sur Puerto Linares. Son envie de nous aider semble se limiter au minimum syndical, il ne nous offre ni à manger, ni à boire… IL n’y a plus qu’à se coucher et à s’endormir en compagnie des moustiques…

Vendredi 15mars
Après un accueil aussi chaleureux, nous décidons de partir dès notre réveil, à 7h00, en laissant un mot de remerciements. Nous marchons jusqu’au pont à l’embranchement. Nous trouvons quelques personnes qui nous disent qu’il n’y a pas de bateau, et qu’il y a 3h1/2 de marche ! Et après Puerto Linares il faut encore trouver un hypothétique bateau pour trouver la forêt amazonienne et les crocos ! Le découragement nous gagne, la grève des transports, comme au Macchu Picchu aura raison de nos projets… En plus on n’a presque plus rien à manger… 2 camions sont passés en direction de La Paz pendant que nous discutons de la suite ou non de notre entreprise. On doit pouvoir en prendre un troisième pour rentrer. Nous prenons un petit déjeuner dans le hameau près du pont où nous trouvons des bananes, des gâteaux et du café. Puis on va se poster après le pont et on attend… La chaleur monte, on est en plein cagnard… Les moustiques s’en mêlent, aucun véhicule ne passe plus, l’attente se fait interminable. A 14h, toujours rien, d’autres personnes, des Boliviens nous rejoignent. Des pirogues arrivent sur le rio, mais elles s’arrêtent là, elles ne repartent pas aujourd’hui… A 17j, je suis mort de faim, je pars acheter des gâteaux. Au moment de payer, j’entends Véro qui hurle ! Un camion, enfin ! Après 10h d’attente ! Je travers le pont en courant et on peut monter dans la benne ouverte et vide. Il va à La Paz, ouf, enfin une chance ! Après une heure de route, il s’arrête dans une coopérative agricole. Et là, on charge ! Hommes, femmes, enfants, poules tortues, sacs de farine, de sucre, appareils ménagers… Je m’asseois sur une gazinière, tout ce monde s’installe tant bien que mal sur les ballots et les sacs. A 19h30, la nuit tombe et le camion redémarre. Nous sommes au moins 30 personnes… L’ambiance est bon enfant. Les cahots tantôt nous bercent, tantôt nous bousculent… A 22h nous repassons à Caranavi. Les gens discutent, mangent, somnolent, nous installons le plus confortablement possible sur nos sacs à dos pour la nuit. 9a bouge, ça tangue, mal aux fesses, au dos, il commence à faire frais au fur et à mesure que la nuit avance et que nous montons en altitude. J’arrive à dormir de temps en temps quand la piste se défait un peu de ses trous, nids de poule (que dis-je, nids d’autruche !), et autres ornières… Cahin caha nous arrivons au…

Samedi 16 mars
A 4h du mat’ nous repassons à Yolosa, au carrefour de Coroïco. Nous dormons encore un peu avant le lever du jour. Le camion monte tout doucement. Nous sommes bloqués par un camion et un bus en panne. Ca redémarre alors que le jour se lève. Nous sommes dans la grande montée, dans les gorges vers la Cumbre. Il fait de plus en plus froid. Nos compagnons sortent des bâches et se réfugient dessous… nous avons tout juste le temps de nous abriter sous nos capes, nous passons sous les cascades ! Il fait grand beau. Nous rejoignons enfin le soleil qui nous échauffe un peu de ses rayons. A 9h le camion fait ne pause dans un hameau. Nous pouvons prendre un café et un sandwich. Il y a beaucoup de monde et d’effervescence, tous les camions s’arrêtent ici. On rembarque, je suis vermoulu… la montée reprend, le soleil se fait plus généreux heureusement. Le paysage se dégage, la vue sur tous les sommets est magnifique. Nous roulons à 10kms à l’heure… Tous les autres camions nous doublent. Les cholos sont joueurs et entre tous les camions chargés de campesinos qui se croisent ou qui se doublent se déclenchent des batailles de peaux de bananes, dans l’hilarité générale… il faut le vivre pour y croire… Nous atteignons le col à seulement 13h. Il y règne un vent glacial qui va nous accompagner durant toute la descente. La vue est encore plus belle sur les hauts sommets des Andes enneigés. Des troupeaux de lamas en liberté complètent l’imagerie classique d’une Bolivie mythique. Nous sommes à La Paz une heure plus tard, la descente aidant… Nous prenons le microbus n° 135 et nous arrivons à l’hôtel Austria, sales poussiéreux, exténués. Il ne reste plus qu’une chambre à 4 lits que nous partageons avec 2 Américains. La douche est bien chaude, quel plaisir ! On descend manger un hamburger en ville et on remonte vite faire une bonne sieste. Le soir nous ressortons et rencontrons par hasard deux des Français déjà croisé à Huaraz (Pierre-enri et Hélène). Nous dînons ensemble (deux steaks énormes avec purée et nouilles pour nous !). La grève des mineurs continue, il n’y a plus de poste ni de bus ni de trains, Même les banques sont fermées. Nous risquons d’être coincés à La Paz un moment. Nous rentrons nous coucher… mais la chambre donne sur la rue qui est très bruyante… Le sommeil tarde à venir…

Monday, March 17, 2008

Coroïco

Jeudi 7 mars
Debout aux aurores ! (6h30). Nous finissons de préparer nos sacs (allégés on peut laisser une partie de nos bagages à l’hôtel). Petit déjeuner au marché, on achète des petits pains pour la route. A 8h15 on est à l’agence de flota Yungueňa. A 8h45 on charge nos sacs sur le toit et on embarque dans le minibus. A 9h00 on part. le bus est bondé comme d’habitude. Nous remontons La Paz, jusqu’au quartiers les plus pauvres sur l’altiplano. La route continue à escalader les Andes. Nous croisons et doublons sans arrêts des camions chargés de marchandises, fruits et légumes qui remontent des Yungas contre matériaux et électroménager descendant de la capitale… Les camions ont des bennes ouvertes, et par-dessus les marchandises, ce sont des passagers qui s’entassent formant un flot coloré serpentant sur la route. Nous croisons quelques lamas, passons près d’un barrage. L’altitude se fait sentir, la neige semble toute proche, nous arrivons au col, 4650m d’altitude. La route est toujours asphaltée. Le bus commence à descendre dans une gorge pas trop impressionnante pour le moment. Mais ça ne dure pas. La route (en construction) fait place à une piste de plus en plus étroite qui suit de près un torrent. Nous traversons quelques hameaux, puis la descente se durcit, la voie se rétrécit jusqu’à parfois la largeur du bus à peine… Le précipice devient hallucinant et ce ne sont pas les croix et les fleurs posées régulièrement sur le bord du chemin qui nous rassurent ! Il doit y avoir pas mal de véhicules qui ont finit dans le torrent quelques centaines de mètres plus bas ! Je comprends mieux les images pieuses et les extraits de prières accrochés ou peints directement sur la carrosserie… ¡ santa virgen, madre de dios ! Faites nous rester sur le droit chemin ! On doit friser les 1000m de vide, le torrent paraît minuscule tout en bas. Le paysage est somptueux. La prairie andine a fait place à une forêt de plus en plus dense et luxuriante. Nous passons à côté et même sous des cascades qui arrosent le bus. Je pense aux passagers des camions, ça doit leur faire bizarre ! Nous avançons très lentement, dès que le passage s’élargit nous doublons ou croisons toujours autant de camions. Quand la voie est libre le bus accélère (trop). Puis le bus s’arrête derrière une file de camions. Pleins de gens sont à pieds sur la route, ça s’agite beaucoup. Nous descendons et allons voir : un camions remplis d’oranges est partis dans le fossé (côté paroi…) en voulant croiser un autre camion. Tout le monde s’y met, un autre camion le tracte, et avec pleins de cordes ils arrivent à le redresser et le remettre sur la piste. Nous pouvons repartir. Nous arrivons à un croisement. Quelques maisons… A gauche la route continue vers l’Amazonie, l’Oriente comme il l’appelle ici. A droite, elle remonte vers un village accroché à flan de montagne, notre destination, Coroïco. Le chauffeur arrête le bus, coupe le contact et part déjeuner dans une gargote. Nous sommes à 7kms de Coroïco seulement ! Une heure plus tard, nous repartons et parcourons la montée en quelques minutes, arrivée à 13h30. Nous descendons (façon de parler) à l’hôtel Kori. A l’agence de bus une dame nous a remis une lettre pour le patron, son mari… la pension est proprette, sympa, avec une vue superbe sur les montagnes et la forêt tropicale. Nous sommes à 1700m d’altitude, il fait chaud au soleil. Le voyage nous a bien fatigués et nous faisons une sieste jusqu’à 16h30. Après ce temps de repos nous partons visiter le village, ce qui est vite fait, du charme mais sans plus. Nous découvrons que l’hôtel a une piscine, mais en cours de remplissage, il va falloir attendre demain pour se baigner. Nous prenons notre dîner à l’hôtel (cher et pas très copieux mais très bon…) puis nous repartons en balade dans le village. A la fenêtre de la mairie il y a une télé allumée qui profite à qui veut… les gens du village viennent la regarder et discutent sur la place. Il fait encore bien chaud le soir par rapport au froid de La Paz. Nous rentrons à l’hôtel, nous profitons encore un moment de la tiédeur de l’air, puis il se met à pleuvoir. Nous nous couchons et la nuit s’avère comme même fraîche…

Vendredi 8 mars
Après une bonne nuit et un réveil à 9h00, nous trouvons un petit déjeuner sympa dans un café tenu par une Allemande qui s’est installée ici. Du chocolat, des petits pains, du beurre, du miel… un délice ! Nous entamons la discussion (en espagnol) et elle nous indique des jolies balades aux alentours de Coroïco. En fin de matinée, nous partons nous promener. Le chemin longe des plantations de café, puis est bordé de bananiers, d’avocatiers, d’orangers, de citronniers… Les arbres et la luxuriance des plantes nous mettent dans une ambiance tropicale, la première fois de notre périple. Orchidées et papillons multicolores et virevoltants sont aussi de la partie. Nous longeons des champs de coca, en terrasse, petits arbustes sur de la terre dure comme du ciment. Nous en cueillons quelques feuilles. Ici la culture est libre tout le monde en mâche, la feuille a des vertus anesthésiantes, coupe-faim et aide à combattre le mal des montagnes. Plus bas, en Amazonie se trouvent des laboratoires clandestins qui extraient la cocaïne de cette plante médicinale. Un petit sentier grimpe jusqu’à une chapelle. Nous montons dans la moiteur, il commence à faire bien chaud. Des vautours planent au dessus de nous. Nous redescendons au village et passons au marché acheter des tomates, bananes, du pain une boîte de thon pour faire notre pique-nique que nous prenons à notre hôtel. Après-midi farniente, au bord de la piscine qui se remplit peu à peu. Nous nous baignons dans une eau fraîche mais agréable. Le temps se gâte, il pleuviote de temps en temps. Dans le jardin, nous découvrons une tortue et des colibris qui viennent butiner le nectar des fleurs. Nous terminons la journée par un peu de lessive, un repas à l’hôtel puis une séance de cinéma, assis sur des bancs en bois dans une salle municipale. Il y a du monde, les gens sont très interactifs, s’exclament, rient, applaudissent, font des commentaires en s’interpellant…Le film c’est… la guerre du feu. Pas de problèmes de langue, mais par contre la pellicule a dû voyager plus que nous encore… et les scènes de sexe ont disparu…

Samedi 9 mars
Aujourd’hui, après notre petit déj made in Deutschland, et quelques courses pour le pique-nique, nous partons randonner. Notre but : une belle cascade dans la forêt. Après une première petite erreur de parcours, nous montons à travers le village puis continuons sur la montagne jusqu’à une église. On se renseigne auprès d’un jeune berger. Un sentier part à gauche, à peine visible. Nous suivons un canal à flanc de montagne. Ce canal amène l’eau potable de la cascade jusqu’à Coroïco, il n’y a plus qu’à le suivre. Le sentier en balcon offre de beaux points de vue sur les montagnes en face, couvertes pour la plupart de forêt. Lorsque le sentier traverse un ruisseau, on s’enfonce dans de véritables jungles en miniature. Fougères arborescentes, lianes, orchidées, végétation épiphyte exubérante… le sentier se perd dans les hautes herbes. Pas beaucoup de randonneurs dans le coin ! Nous traversons avec prudence, Véronique a peur des araignées et autres serpents qui pourraient peupler cet univers. Après cette épreuve, digne d’Indiana Jones, nous retrouvons des plantations de coca. Après 2h10 de marche nous arrivons à la cascade, petit paradis perdu dans une autre mini selva… L’accès est un peu glissant, mais nous arrivons à nous rafraîchir dans le ruisseau. nous prenons notre repas sous les embruns. Nous sommes absolument seuls dans notre bout de forêt et nous profitons de ce moment de grâce… Mais le temps commence à se gâter, le ciel se couvrent de nuages menaçants… nous repartons… un peu plus loin sur le chemin de retour nous prenons un autre sentier qui descend à travers les plantations (coca, bananes puis potagers…). Il nous amène à un hameau. Il pleut, très fort par moment. Nous traversons ce pueblito et nous prenons la piste pour rentrer. Nous croisons et dépassons quelques cholos à pieds et voyons quelques camions et 4X4. Un petit estanco au bord de la route nous offre un abri. Nous prenons un fanta, les gens sont très gentils. Je sauve un papillon de la noyade dans une flaque d’eau. A 17h00 nous arrivons à l’hôtel, nos capes trempées et les pieds crottés. Le temps s’est levé, il fait beau à nouveau. Nous profitons des derniers rayons de soleil à la piscine qui est presque pleine. Ce soir on a de la compagnie, deux Américains, une Allemande et un Italien se joignent à nous pour le dîner. Nous échangeons sur nos voyages et sur nos lieux de vie respectifs dans un mélange d’anglais et d’espagnol… Nous finissons par un pancake chez notre Allemande… Fatigue, coups de soleil et piqûres de moustiques au menu de la nuit…

Dimanche 10 mars
Aujourd’hui, cool, courses (je trouve du miel en bouteille au marché) et lessive. A midi, trempette dans la piscine, c’est bon… Nos compagnons d’hier s’en vont à 14h00, une rumeur circule comme quoi les transports se mettent en grève à partir de demain dans toute la Bolivie. Bueno, maňana es otra dia…on vera… On reste tout seul à l’hôtel. On se fait un pique-nique d’enfer avec les fruits et légumes du cru,les avocats, les bananes, les tomates sont délicieux, cueillis mûrs, pas comme chez nous… L’après-midi passe en farniente dans des fauteuils sur la terrasse, à lire. La piscine est pleine d’eau mais aussi de jeunes du village qui débarquent, comme c’est dimanche. Comme partout ailleurs, ça frime et ça drague… autour de l’eau. Le soleil se maintient toute la journée et on peut se baigner et se détendre sur la terrasse jusqu’en fin d’après-midi. Après le dîner un petit mate de coca et au lit.

Lundi 11 mars
Grosse pluie ce matin, la balade projetée est reportée. Il pleut des trombes (la classique pluie tropicale…). Deuxième jour cool, cette fois-ci un peu forcé mais ça fait pas de mal. Nous nous baladons un peu dans le village en passant entre les gouttes, dans les périodes d’accalmie. La pluie cesse et le temps se lève en fin d’après-midi, dégageant un ciel limpide et lumineux. La vue est belle sur les montagnes, on distingue des sommets enneigés au loin. Le soir on retourne au cinéma voir une série B, film d’action « Condorman » ! Anglais sous titré espagnol… mais les dialogues ne posent aucun problèmes de compréhension ! Ca délasse le cerveau…

Mardi 12 mars
Je me lève tôt, motivé à 7h00 ! Pour Véro, c’est trop dur, elle décide de rester cool ce matin. Il fait beau, je pars faire l’ascension du sommet qui culmine au dessus du village. La montée est rapide, le sentier est bien tracé dans la prairie. Il y a quatre ressauts à franchir. Au 2e, je traverse un pan de forêt tropicale, mais la piste est toujours bien visible. Quelques nuages s’accrochent autour de moi, je monte vite pour ne pas arriver dans le brouillard. Au dernier ressaut la fatigue commence à se faire sentir. Encore un bosquet puis une montée raide, je souffle, je pense être arrivé… non, c’est encore plus haut ! Ca n’en finit plus de monter. Enfin, au bout d’une heure et demie, je suis au sommet, recouvert de forêt qui envahit toute la pente de l’autre versant. Je continue un peu sur la crête, dans la selva. C’est toujours un enchantement de se balader entre ces grands arbres, ces lianes, ces fleurs aux couleurs vives (rouges et jaunes essentiellement), ces plantes que l’on voit dans des pots chez nous et qui se servent ici des arbres comme tuteurs géants… Un nuage passe, la brume ajoute encore au côté magique du lieu… Je redescends en profitant des beaux points de vue sur les montagnes en face. A la montée je leur tournais le dos… A 11h30 je suis à nouveau en bas, en nage et couvert de boue… Un peu de lessive s’impose ainsi qu’un plongeon dans la piscine… Véro m’a préparé un petit pique-nique sympa. On se baigne à nouveau, puis nous repartons nous balader au village. Nous prenons des nouvelles de la grève : aucun bus ne passe, seulement les camions. Nous décidons de tenter quand même le voyage vers Caranavi demain. Nous achetons des galettes aux sœurs d’un couvent situé juste sous notre hôtel, elles sont délicieuses ! Nous mangeons à l’hôtel et finissons le repas par un mate, des galettes et du miel. Une petite bataille navale et au lit.

Caranavi : c’est une petite ville située dans le nord des Yungas à 670 mètres d’altitude. Elle se situe sur l’important et fréquenté axe routier qui relie la région Amazonienne du Béni à La Paz et l’Altiplano. C’est une ville étape entre ces deux régions. Elle est bordée par le Rio Coroico. Outre les nombreux ateliers de mécaniciens, Caranavi (comme les autres villes de la région) a une activité agricole importante. Ici on produit notamment des agrumes (oranges, mandarines, citrons, pamplemousses), des bananes, des papayes, du riz, du cacao, de la coca…et aussi du café.